Cuba se dit ouvert au dialogue avec les États-Unis après le durcissement des sanctions par Washington
- Le président Miguel Diaz-Canel affirme que les discussions devraient avoir lieu « sans pression, sans conditions préalables et sur un pied d’égalité »
Mexico
AA / Mexique / Jorge Antonio Rocha
Cuba se dit ouvert au dialogue avec les États-Unis, a déclaré jeudi le président Miguel Diaz-Canel, alors que l'île caribéenne prend des mesures pour éviter une crise énergétique.
Lors d'une conférence de presse d'urgence, Diaz-Canel, également premier secrétaire du Parti communiste, a évoqué l'intensification des pressions économiques exercées par Washington, qui a isolé le pays de ses alliés historiques et perturbé ses approvisionnements en pétrole.
« Cuba est disposée à dialoguer avec les États-Unis », a-t-il déclaré devant les médias nationaux et internationaux, soulignant que les discussions devraient se dérouler « sans pression, sans conditions préalables, sur un pied d'égalité et dans le respect de notre souveraineté, de notre indépendance et de notre droit à l'autodétermination ».
Au cours de son allocution, il a indiqué que le gouvernement communiste s'était préparé à d'éventuelles pénuries de pétrole et a mis en avant les progrès réalisés dans le domaine des énergies renouvelables, précisant que les centrales solaires photovoltaïques contribuent à hauteur de 1 000 mégawatts au réseau électrique national, soit une augmentation de 7 %.
Le pays est confronté à des pénuries de pétrole en raison de la conjonction de plusieurs facteurs : le renforcement des sanctions américaines, l'effondrement de son principal fournisseur, le Venezuela, suite aux changements politiques, et le ciblage subséquent de fournisseurs alternatifs comme le Mexique.
« Cuba n'est pas un pays terroriste. Il n'y a pas de forces militaires étrangères ni de bases à La Havane. La seule base militaire étrangère présente à Cuba est celle des États-Unis », a-t-il ajouté.
Il s'agissait de la première prise de parole publique de Diaz-Canel sur les tensions croissantes avec Washington depuis que le président américain Donald Trump a ordonné une frappe de grande envergure à Caracas, entraînant la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, allié de Cuba, et de son épouse, Cilia Flores.
Après l'arrestation de Maduro, au cours de laquelle lui et Flores ont été placés en détention et transférés à New York, où ils sont actuellement détenus, les États-Unis ont interrompu les livraisons de pétrole vénézuélien à Cuba, qui représentaient l'essentiel des importations énergétiques de l'île.
L'administration Trump a ensuite accentué la pression économique sur Cuba en imposant des droits de douane à tout pays fournissant ou vendant du pétrole à l'île, restreignant ainsi les importations de pétrole en provenance de partenaires comme le Mexique, qui, jusqu'à récemment, fournissait du pétrole brut et des produits dérivés.
Suite à l'allocution de Diaz-Canel, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a réagi à ses propos.
« Je pense que, compte tenu du fait que le gouvernement cubain est au bord de l'effondrement et que le pays est au bord de la faillite, il devrait faire preuve de prudence dans ses déclarations à l'égard du président des États-Unis », a-t-elle déclaré.
Elle a toutefois ajouté que Trump est « toujours disposé à s'engager dans le dialogue diplomatique ».
*Traduit de l’anglais par Ayse Bashoruz
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