Cuba libère 14 prisonniers politiques sur fond de contacts avec Washington
- Ces remises en liberté, confirmées par une ONG, interviennent alors que La Havane reconnaît pour la première fois des discussions avec les États-Unis, sous médiation du Vatican
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Les autorités cubaines ont remis en liberté 14 prisonniers politiques arrêtés lors des manifestations antigouvernementales de juillet 2021, a annoncé samedi l’organisation de défense des droits humains Cubalex, alors que La Havane a confirmé être engagée dans des pourparlers avec les États-Unis.
Selon cette ONG basée à Miami, ces libérations s’inscrivent dans le cadre d’un accord avec le Vatican, médiateur historique entre Cuba et les États-Unis. Deux autres opposants avaient déjà été relâchés vendredi.
Ces remises en liberté interviennent après l’annonce par le gouvernement cubain de la libération prochaine de 51 détenus, présentée comme un geste de « bonne volonté » dans le contexte des discussions diplomatiques.
Le président cubain Miguel Diaz-Canel a confirmé que son gouvernement avait récemment tenu des contacts avec Washington afin de « trouver des solutions par le dialogue aux différends bilatéraux entre nos deux nations », sans préciser la nature ni le niveau de ces échanges.
Il s’agit de la première reconnaissance officielle par La Havane de discussions avec les États-Unis depuis plusieurs années.
- Contexte économique et tensions avec Washington
Ces contacts interviennent dans un contexte de graves difficultés économiques sur l’île caribéenne, marquées notamment par des pénuries de carburant et des coupures d’électricité généralisées.
Le président cubain a imputé ces difficultés au « blocus énergétique » imposé par Washington, affirmant qu’aucune cargaison de pétrole n’avait atteint l’île depuis trois mois.
Les pénuries de carburant ont provoqué d’importantes perturbations dans les transports et les services publics, ainsi que le report de milliers d’opérations chirurgicales, selon les autorités.
- Pressions américaines et situation des prisonniers
Les relations entre les deux pays restent fortement tendues. En janvier, le président américain Donald Trump a décidé de placer Cuba sous un blocus pétrolier visant à restreindre ses approvisionnements énergétiques.
Un responsable de la Maison Blanche a déclaré vendredi à la presse française que Cuba était une « nation en faillite » et estimé qu’un accord avec le gouvernement cubain « serait très facile à conclure ».
Selon l’organisation de défense des droits humains Justicia11J, Cuba comptait vendredi « au moins 760 prisonniers politiques », dont 358 personnes arrêtées à la suite des manifestations de juillet 2021.
Ces protestations, les plus importantes depuis des décennies dans le pays dirigé par un parti unique communiste, avaient donné lieu à une vaste répression et à des centaines d’arrestations.
Les autorités cubaines ont accusé les États-Unis d’avoir orchestré ces manifestations dans le but de renverser le gouvernement.
D’autres organisations, comme Prisoners Defenders, estiment pour leur part que le nombre total de prisonniers politiques sur l’île dépassait 1.200 au début de l’année 2026.
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