Politique, Monde

Charlie Hebdo critiqué en Suisse après une caricature sur l’incendie de Crans-Montana

- Une victime du drame a vivement dénoncé l’usage de l’humour autour de cette tragédie dans une vidéo partagée sur son compte Instagram, plateforme américaine, qualifiant certaines prises de parole publiques d’« affligeantes » et de « pathétiques »

Wafae El Baghouani  | 13.01.2026 - Mıse À Jour : 13.01.2026
Charlie Hebdo critiqué en Suisse après une caricature sur l’incendie de Crans-Montana

Istanbul

AA / Istanbul / Wafae El Baghouani et Ayse Bashoruz

L’hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo est vivement critiqué en Suisse après la publication, le 9 janvier, d’une caricature liée à l’incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 116 blessés lors de la nuit de la Saint-Sylvestre, selon le quotidien français Le Parisien. Le dessin, diffusé le jour d’un deuil national, a conduit au dépôt d’une plainte pénale auprès du ministère public valaisan.

Une victime du drame a vivement dénoncé l’usage de l’humour autour de cette tragédie dans une vidéo partagée sur son compte Instagram, plateforme américaine, qualifiant certaines prises de parole publiques d’« affligeantes » et de « pathétiques », estimant qu’elles portent atteinte à la dignité des personnes directement touchées.

« Il y avait moyen de faire de l’humour tout en dénonçant les absurdités qui ont mené à cette catastrophe, mais là, c’est juste affligeant », a déclaré cet homme, soulignant que les familles et les victimes sont encore en pleine phase de deuil et d’acceptation.

« Ça fait des jours qu’on essaie de rassurer les familles, de leur montrer qu’il y a un après, que le monde est derrière ces jeunes, et là on vient se foutre de leur gueule », a-t-il ajouté, appelant à la solidarité et au respect face à la souffrance vécue.

Selon lui, si l’humour peut parfois être un outil de résilience, « il y a un temps pour tout », et le contexte actuel ne s’y prête pas. « La moindre des choses, c’est de faire front quand d’autres vivent un drame », a-t-il insisté.

De son côté, le directeur de la rédaction du magazine Le Point, Étienne Gernelle, a défendu la liberté d’expression, y compris le recours à l’ironie et à l’humour noir, lors d’une intervention sur RTL France.

« Le bon et le mauvais goût, c’est un débat éternel et légitime. Personne n’est obligé de rire ni d’aimer », a-t-il déclaré, estimant que « la liberté d’expression, y compris l’ironie et l’humour noir, est consubstantielle à ce que nous sommes ».

Gernelle a également mis en garde contre un retour des appels à la limitation de cette liberté, évoquant le dépôt d’une plainte dans cette affaire. « On réclame des limites, pas encore des sanctions, mais ça vient », a-t-il averti, parlant d’ « un retour à la case départ ».

Rappelant les grandes manifestations organisées en France après l’attentat contre Charlie Hebdo en 2015, il a souligné que « près de quatre millions de personnes manifestaient pour le droit de caricaturer, quitte à choquer », précisant que l’humour noir est historiquement au cœur de la tradition satirique française.

Cette controverse relance ainsi le débat récurrent entre liberté d’expression et respect des victimes, dans un contexte où les sensibilités restent particulièrement vives.

La polémique intervient alors que l’incendie survenu récemment à Crans-Montana, en Suisse, a profondément marqué l’opinion publique. Le sinistre a causé de graves blessures à plusieurs jeunes, provoquant une onde de choc et un important élan de solidarité, notamment sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Les victimes et leurs proches ont multiplié les appels au soutien et au respect, soulignant la difficulté du processus de reconstruction physique et psychologique après le drame.


Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.