Berlin : un député s’oppose à la production d’armes israéliennes sur le sol allemand
- Le député du Parti de gauche, Mirze Edis, s’oppose au potentiel accord de défense de Volkswagen avec Israël, invoquant les guerres menées par le gouvernement de Netanyahu au Moyen-Orient et le génocide à Gaza
Berlin
AA/Berlin/ Ayhan Simsek
La coopération militaire de l’Allemagne avec Israël sous le gouvernement de Benjamin Netanyahu est « inacceptable », a déclaré le député du Parti de gauche Mirze Edis, avertissant que Berlin pourrait être entraîné plus profondément dans les conflits du Moyen-Orient.
Dans une interview accordée à Anadolu, Edis a affirmé que le Parti de gauche s’oppose fermement aux discussions rapportées de Volkswagen avec une entreprise de défense israélienne pour produire des composants du système de missiles à l’usine d’Osnabruck, un projet apparemment soutenu par le gouvernement allemand.
« Depuis que Netanyahu et son gouvernement fasciste sont au pouvoir, ils ont pratiquement transformé tout le Moyen-Orient en zones de guerre », a dénoncé le député. « Le gouvernement allemand doit réfléchir à deux, trois, quatre fois avant de donner à ce gouvernement israélien l’opportunité de produire ses armes ici. »
Edis a souligné que permettre la poursuite de projets de défense israéliens en Allemagne pourrait rendre Berlin complice des crimes de guerre et crimes contre l’humanité du gouvernement Netanyahu.
« Si l’on regarde Gaza, le gouvernement fasciste de Netanyahu y a commis un génocide, entraînant meurtres, viols et, dans certains cas, le déplacement de plus de cent mille personnes », a-t-il ajouté. « Et je crois que, par ces livraisons d’armes à Israël ces dernières années, le gouvernement allemand a lui aussi du sang sur les mains. »
Selon le Financial Times, le géant automobile allemand Volkswagen serait en discussions pour un partenariat qui pourrait reconvertir l’usine d’Osnabruck menacée de fermeture l’an prochain à la fin de sa production actuelle pour fabriquer des composants du système de défense aérienne israélien Dôme de fer, incluant lanceurs, véhicules de transport et générateurs.
- « Nous ne pouvons pas penser à sécuriser des emplois au prix de la vie d’autrui »
Le député du Parti de gauche a critiqué les projets de fermeture de l’usine par Volkswagen, soulignant que l’entreprise traverse certes des difficultés, mais n’est pas en faillite et prévoit des investissements dans d’autres pays, comme le Canada. Il a mis en garde contre le fait de transformer l’industrie automobile allemande vers la production militaire, estimant que cela n’offre aucune solution durable aux problèmes actuels.
« Si vous commencez à produire pour votre propre défense, il arrive un moment où vous ne pouvez plus produire. À moins, bien sûr, que vous dirigiez une entreprise comme aux États-Unis, où l’on pourrait potentiellement provoquer des guerres dans d’autres régions pour que l’industrie de l’armement continue de survivre », a déclaré Edis.
« Nous ne pouvons pas penser à sécuriser des emplois au prix de la vie d’autrui en soutenant des guerres dans d’autres pays », a-t-il insisté.
Le géant automobile allemand n’a pas encore confirmé officiellement des discussions avec l'entreprise publique israélienne Rafael Advanced Defense Systems, concernant le passage de la production de son site d’Osnabrück de véhicules à des composants pour le système de défense antimissile israélien.
Un porte-parole de Volkswagen a déclaré à Anadolu qu’« aucune décision concrète ni conclusion n’a été prise concernant l’avenir du site. La production d’armes par Volkswagen AG reste exclue pour l’avenir, et nous ne faisons aucune spéculation sur les plans futurs pour le site d’Osnabrück ».
Selon les médias, le gouvernement allemand « soutient activement » ce partenariat potentiel, le considérant comme un moyen de protéger l’emploi face à la transformation du secteur automobile et à la forte concurrence mondiale.
Le porte-parole du gouvernement, Steffen Meyer, a déclaré cette semaine que Berlin avait pris note de ces informations mais ne commenterait pas les détails. Il a ajouté que le gouvernement accueillait favorablement toute initiative visant à protéger l’emploi en Allemagne.
Edis a également vivement critiqué la coalition du chancelier Friedrich Merz, l’accusant d’augmenter les dépenses de défense et de renforcer l’industrie de l’armement tout en réduisant les programmes sociaux et en retardant les investissements publics.
« Au final, toute cette campagne concerne Friedrich Merz et son gouvernement qui font du lobbying pour l’industrie de l’armement, qui ne cherche qu’à enrichir les entreprises d’armes », a-t-il déclaré.
« Chaque jour, des informations rapportent que la Russie pourrait attaquer l’Allemagne. Cela est utilisé pour instiller la peur et obtenir l’acceptation de la course aux armements qu’ils poussent ».
*Traduit de l'anglais par Sanaa Amir
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