Islamophobie : le site MaFrance.app visé par une enquête du ministère de l’Intérieur pour fichage illégal
– Le site est accusé de cibler illégalement les musulmans à travers des cartes et statistiques controversées.
Ile-de-France
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le ministère français de l’Intérieur a ouvert une enquête sur le site MaFrance.app, accusé de diffuser des données à caractère ethnique et religieux à des fins discriminatoires.
Citée par BFMTV, une porte-parole du ministère a confirmé le lancement de cette enquête à la suite du signalement de la députée écologiste Sabrina Sebaihi. Celle-ci dénonce un “fichage illégal” visant principalement les Français de confession musulmane. Elle alerte sur le fait que le site mettrait “des cibles dans le dos” de ces citoyens, en publiant des données fondées sur l'origine réelle ou supposée, en violation des principes fondamentaux du droit français.
Actif depuis l’été 2025, le site MaFrance.app propose une carte interactive de la France métropolitaine associée à divers indicateurs tels que “l’indice d’islamisation”, “l’indice d’immigration” ou encore “l’indice de wokisme”. Il recense également les prénoms dits “d’origine arabo-musulmane”, ainsi que des lieux liés à la pratique de l’islam — mosquées, boucheries halal, kebabs — établissant un lien explicite entre géographie, culture et religion.
L’association SOS Racisme a annoncé qu’elle allait porter plainte pour “injures publiques à caractère raciste” et “provocation à la discrimination raciale”. Sa représentante, Clémentine Elfasci, estime que ce site “vise une population” et alimente la “banalisation du racisme”. L'objectif de cette plainte est d'obtenir la fermeture du site et la condamnation de son auteur présumé.
Selon, BFMTV, derrière MaFrance.app se cache un pseudonyme, “Rémi Gration”, dont le jeu de mots renvoie à une idéologie identitaire radicale. Le site affiche des affinités idéologiques avec l’extrême droite française, en relayant des discours proches de ceux de plateformes comme FDeSouche ou Radio Courtoisie.
Pour justifier ses publications, l’auteur du site affirme s’appuyer sur des sources officielles comme l’Insee ou le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI). Toutefois, de nombreuses données utilisées sont présentées sans méthode rigoureuse et avec des interprétations subjectives, laissant planer un doute sérieux sur leur fiabilité et leur finalité.
Financé en partie par des dons, le site a récemment vu l’une de ses cagnottes — hébergée sur Ko-fi — désactivée. Il reste cependant accessible aux contributions via cryptomonnaies.
