France / Islamophobie : débat persistant sur le port du voile dans le sport
- Bruno Retailleau a déclaré mercredi que le port du foulard dans le sport traduisait, selon lui, une « volonté de séparatisme », dans un contexte de débat parlementaire persistant en France
Istanbul
AA / Istanbul / Seyma Erkul Dayanc
Le débat sur le port du foulard dans le sport se poursuit en France, sur fond de discussions parlementaires anciennes et de prises de position politiques récurrentes, tandis qu’Amnesty International France a récemment donné la parole à des sportives concernées par cette question.
Mardi, Amnesty International France, organisation de défense des droits humains, a publié une vidéo intitulée ''Safe Talk'', dans laquelle trois sportives portant le foulard témoignent de leurs expériences dans le milieu sportif. L’organisation explique vouloir mettre en lumière l’impact concret des débats publics sur la vie des personnes concernées, dans un contexte de discussions récurrentes sur une éventuelle interdiction du port du foulard en compétition.
Dans cette vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux de l’organisation, les participantes évoquent des situations d’exclusion, des refus d’inscription dans certains clubs et un sentiment de stigmatisation qu’elles disent associer à des discours politiques et médiatiques tenus depuis plusieurs années sur le port du foulard dans le sport.
Amnesty International France précise que cette initiative s’inscrit dans sa campagne contre ce qu’elle qualifie d’interdiction discriminatoire et appelle les autorités à garantir l’accès au sport sans distinction liée à la tenue vestimentaire.
- Déclarations politiques réitérées
Bruno Retailleau s’est exprimé à plusieurs reprises par le passé sur le port du voile islamique dans le sport. En mars 2024, lors d’un rassemblement public à Paris, il avait déclaré que le voile n’avait « rien à faire dans les compétitions sportives », concluant son intervention par la formule « à bas le voile », des propos qui avaient suscité de nombreuses réactions politiques et associatives.
À cette occasion, il avait estimé que le port du voile constituait, selon lui, un symbole incompatible avec les principes de neutralité qu’il entend défendre dans l’espace sportif, des déclarations qui avaient été dénoncées par plusieurs organisations comme stigmatisantes à l’égard des femmes musulmanes.
Mercredi, Bruno Retailleau, président du parti Les Républicains et ancien ministre de l’Intérieur, est revenu sur ses positions passées concernant le port du foulard dans le sport lors d’une intervention sur la radio Europe 1.
Il a rappelé des propos tenus antérieurement, affirmant que les compétitions sportives ne devaient pas, selon lui, comporter de signes d’appartenance politique, syndicale ou religieuse. Il a également réaffirmé sa conviction que le port du voile islamique dans le sport est incompatible avec ce principe, une position qu’il défend de longue date dans le débat public.
Ces déclarations interviennent alors que le Parlement français examine depuis plusieurs mois une proposition de loi visant à interdire le port de signes religieux lors des compétitions sportives, un texte qui a ravivé un débat ancien sur la laïcité et le sport.
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
