France : Le ministre de l’Éducation saisit la justice sur l’algorithme de TikTok
- Édouard Geffray dénonce des contenus pouvant inciter au suicide et alerte sur des « spirales » affectant les mineurs
Istanbul
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé ce jeudi avoir saisi le procureur de la République de Paris concernant le fonctionnement de l’algorithme de TikTok, pour des faits susceptibles de relever notamment de la « provocation au suicide » et du « traitement de données illicites ».
Cette saisine, effectuée au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, qui impose à toute autorité publique de signaler à la justice des faits susceptibles de constituer une infraction, vise également des soupçons de « transfert de données à caractère illicite », a précisé le ministre.
Pour étayer ce signalement, le ministère indique avoir mené un test consistant à créer un compte se présentant comme celui d’un adolescent de 14 ans. Selon Édouard Geffray, des contenus à caractère dépressif, ainsi que des vidéos présentant des comportements d’automutilation ou incitant au suicide, auraient été proposés en moins de 20 minutes, sans interaction préalable de l’utilisateur.
Le ministre affirme avoir transmis au parquet de Paris une clé USB contenant les éléments recueillis lors de cette expérimentation.
Le ministère souligne que l’exposition à ce type de contenus peut s’intensifier rapidement, évoquant un mécanisme d’enfermement algorithmique susceptible de toucher particulièrement les publics vulnérables, notamment les mineurs.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte judiciaire déjà ouvert. Une enquête préliminaire a été lancée en novembre 2025 par le parquet de Paris à la suite d’un signalement du député Arthur Delaporte, portant sur une possible influence néfaste de la plateforme sur les jeunes utilisateurs.
Interrogé sur ce nouveau signalement, le député a indiqué qu’il s’inscrivait dans la continuité de sa propre démarche et pourrait contribuer à faire avancer les investigations en cours.
De son côté, TikTok, propriété du groupe chinois ByteDance, avait précédemment contesté ces accusations, affirmant disposer de nombreux outils destinés à assurer la sécurité et le bien-être des adolescents.
Parallèlement, le débat sur l’encadrement de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux se poursuit en France. Une proposition de loi visant à interdire leur usage aux moins de 15 ans a été examinée au Sénat, dans le sillage des préoccupations exprimées par les autorités sur les effets des plateformes numériques.
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