AA - Bagdad
L’Irak est confrontée à une grave crise financière et économique causée par la baisse des prix du pétrole, du coût de la lutte contre Daesh et de la mauvaise gestion du budget de l’Etat.
De nombreuses manifestations populaires, à Bagdad, Bassora, Souleymaniyah ou Kirkouk, ont été organisées pour protester contre les coupures de courant et le non paiement des salaires.
La population du pays est mécontente de la gestion de l’économie et celle des questions énergétiques du gouvernement de Bagdad.
Pratiquement tous les jours, des manifestations plus ou moins violentes ont lieu dans de nombreuses villes du pays et des bâtiments publics sont la cible de jets de pierres.
Nombreuses sont les raisons qui poussent les gens dans la rue : Daech, le terrorisme, le coût de la vie, la crise économique, les problèmes d’accès à l’électricité et à l’eau, en sont les principales.
La baisse des prix du pétrole touche très négativement les revenus du budget de l’Etat, si l’on considère que la vente de pétrole représente 95% des revenus de l’Irak.
Alors que le budget de 2014 s’élevait à 150 milliards de dollars, celui de 2015 ne sera que de 100 milliards.
De nombreux projets ont du être annulés pour cette raison.
L’Irak n’a quasiment pas d’industrie de production, la majorité des biens de consommation, de l’alimentaire à l’électroménager, en passant par l’automobile, sont importés de Turquie, d’Iran ou des autres pays arabes.
La guerre contre Daech influence très négativement l’économie du pays. Elle coûte très chère et elle a d’autres conséquences très lourdes, comme les mouvements de réfugiés fuyant le terrorisme.
Dans ce contexte, le gouvernement rencontre de nombreuses difficultés pour payer les salaires.
Le pays vit régulièrement des coupures de courant et d’eau potable et selon les experts, la situation en Irak risque de durer encore longtemps.
Elle risque même de s’aggraver si la gestion gouvernementale ne s’améliore pas et si la lutte contre la corruption ne s’intensifie pas.
Il semble que la seule région de l’Irak qui s’en sort le mieux, est celle du district autonome du Nord du pays.
Le district du Nord de l'Irak profite seul des revenus liés à la vente du pétrole produit à Kirkouk, alors qu’il bénéficie de 17% du budget central de Bagdad.
D’autre part, la région attire de nombreux projets étrangers d’investissements.