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"Un toit, un métier, un marché", le projet qui lance l'Afrique de l'Ouest sur la voie de la "croissance verte"

Un projet pilote consacré à l'Habitat et récemment lancé dans six pays africains a donné des résultats impressionnants.

20.05.2015 - Mıse À Jour : 20.05.2015
"Un toit, un métier, un marché", le projet qui lance l'Afrique de l'Ouest sur la voie de la "croissance verte"

AA/Tunis/MA

En Afrique de l’Ouest, les projets environnementaux en cours, présagent d’un avenir radieux dans cette partie du continent qui fait de la croissance verte son fer de lance. 

Parmi les initiatives pensées par les africains, figurent la résolution des problèmes d’Habitat auxquels sont confrontées les populations.

Durant cette dernière décennie, le Burkina Faso, le Mali, le Sénégal, le Bénin, le Cameroun et le Ghana sont ainsi devenus le théâtre d’un projet pilote qui connait un franc succès. Initié par l’association burkinabé la Voûte nubienne « AVN » avec le partenariat d'associations locales et étrangères ainsi que d'organisations communautaires et paysannes, présentes dans les différents pays cités, le programme propose de développer un habitat adapté en Afrique.

Le projet « Un toit, un métier, un marché », propose ainsi la technique de la voûte nubienne (Technique VN, procédé architectural venu de l’Egypte antique revistié) qui permet de construire avec des matériaux locaux (terre crue toujours disponible que l’on mouille) et un outillage basique, des habitations aux toitures voûtées simples, solides, confortables et économique, d’après AVN.

Ce concept technique permet, d’une part, de fournir de l’emploi aux populations, mais aussi  de concentrer les coûts de construction sur la seule main-d’œuvre qualifiée. Un gain de temps et d’argent pour tous.

Au Burkina Faso, lieu de naissance du projet, cette technique est actuellement présente dans 450 villages, selon un document conjoint de l’Observatoire du Sahel et du Sahara "OSS" et de l'Instiut des techniques de l'environnement de Tunis "Citet", présenté récemment à Tunis.

Le projet pilote a également permis le déploiement de la technique VN sur tout le territoire malien, au Sénégal, au Bénin, au Cameroun et au Ghana, où ont été construites 2500 voûtes nubiennes, sur plus de 1200 chantiers, dans 570 localités relevant des pays susmentionnés.

330 maçons et 440 apprentis ont été récemment formés pour construire des habitations destinées à près de 17 000 personnes relevant des pays du déploiement du projet, selon le même document.

S’inscrivant dans une volonté du développement durable et de la croissance verte, le programme a permis la réduction de 5000 tonnes d’émissions de CO2, générant 1.75 million d’euros en termes d’économies locales.

S’ajoute à cela le rétablissement de l’équilibre au niveau des parcelles agricoles et amélioration de leurs rentabilités productives, le rechargement de la nappe phréatique et la mise en place d’activités secondaires, comme la production de foin.

La plus importante instance financière du continent, la Banque africaine de développement "BAD",  accompagne d’ailleurs sciemment cette orientation stratégique.

 Pour ce faire, elle a pu mobiliser près de 6,5 milliards de dollars pour le continent entre 2011 et 2014, selon Kurt Lonsway, manager de l’environnement et du changement climatique à l’Institution panafricaine.

Cette orientation vers "la croissance verte" à travers le projet « Un toit, un métier, un marché », ou d’autres initiatives en cours dans l’Afrique subsaharienne, sera consolidée et davantage fructueuse, dès lors qu’elle est sciemment servie par les politiques et les législations africaines, estiment les experts du continent.

« Nous avons toutes les potentialités dans nos pays pour développer une économie verte. Aujourd’hui, la volonté politique est là et c’est grâce à cette volonté que les pays précités ont fait un bon pas », reconnait  l’universitaire camerounais Maurice Tsalefac, interrogé par Anadolu.

« Un grand travail reste néanmoins à accomplir, pour contribuer à l'application du principae de la croissance verte sur le terrain, surtout que toutes les Constitutions africaines réservent un article au droit de l'homme à un environnement sain » ajoute  Tsalefac, pour qui le domaine agricole demeure, le fer de lance de plusieurs pays africains pour booster la croissance verte et transformer leurs économies.

L’économie verte, autrement dit, la croissance verte se traduit par une amélioration du bien-être humain et de l'équité sociale, tout en réduisant considérablement les risques environnementaux et les pénuries écologiques.

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