Togo: Blandine, la Maman poupées Africaines
Les poupées que Blandine fabrique de ses propres mains voyagent avec elle au bout du monde pour être exposées dans les foires internationales.
AA/ Lome/ Alphonse Logo
Blandine Ayawavi Gbégnédji, octogénaire togolaise, mère de 8 enfants dont 5 filles est l’une des rares togolaises à réussir pleinement sa retraite. Son succès dans des bricolages et dans la fabrication 25 ans de retraite durant, des poupées africaines bébé au dos, avec de jolis cheveux et des perles de cultures traditionnelles togolaises en direction du monde est aujourd’hui reconnu de tous.
« Cette idée de faire les poupées africaines m’est venue par intuition. C’est que j’avais travaillé beaucoup, et retraitée, je ne pouvais pas rester comme ça à la maison, j’ai découpé un jour des tissus et puis je les ai cousus. Ce jour-là je me suis dit qu’avec ça on peut faire beaucoup de choses. Les gens ont beaucoup apprécié mes poupées, j’ai fait des boutiques à la plage. Ensuite j’ai réalisé qu’on peut voyager avec ça, ce j’e fais jusqu’à ce jour » a déclaré Gbgnedji au correspondant d’Anadolu.
L'idée remonte à 1990. Blandine Gbégnédji née Sagba, "ne voulant pas finir comme la plupart des retraités de son pays", a vite fait de se muter en professionnelle de la production manuelle des poupées africaines auxquelles elle ajoutera, quelques années plus tard, la production des perles.
Ces perles et poupées, elle a réussi à les exporter en exploitant un réseau de connaissances acquis alors qu’elle travaillait encore au ministère de la culture du Togo. Femme très active et débrouillarde, elle fait elle-même des va-et-vient entre opportunités culturelles dans le monde pour écouler ses produits et faire connaitre la culture togolaise.
« Je vends beaucoup aujourd’hui dans des foires, dans des festivals, en Allemagne surtout puisque je parle bien l’Allemand, ça me fait plaisir d’aller en Allemagne. Je vendais aussi en France dans les festivals d’Avignon, les foires de Paris, de Bordeaux de Marseille etc… » a confié Blandine.
Cette dame à la sympathie naturelle et de bon aloi, a exposé des perles et bracelets africains et des poupées qui naissent du génie de ses mains savantes dans plusieurs autres pays d’Europe, à Washington, et dans presque tous les pays d’Afrique. Le dernier en date est le festival Bazzar Berlin qui a eu lieu du 12 au 14 Novembre dernier, où elle a tout vendu au point où elle s'en est trouvée en rupture de stock.
Ce succès réaliste, Blandine le partage souvent avec beaucoup d’handicapés, réputés être bons dans les métiers de bricolages.
«Je le fais pour les aider. On produit, les les vends et on se partage les sous ». A-t-elle indiqué
A la demande des acheteuses, Blandine affecte, ensuite, dès leur vente, un nom authentiquement togolais à chaque poupée.
Aidée par quelques femmes qui s’intéressent à ce travail d’un âge avancé, Blandine a, toutefois, un grand regret: aucun de ses enfants n'a manifesté l'intention de continuer ce commerce après elle. « Je le leur ai proposé, mais personne n’a accepté » a déclaré à Anadolu l’octogénaire, dépitée.
Blandine Gbégnédji est aussi surnommée « dame touche à tout » pour des multiples revirements qu’il y a eu dans les fonctions occupées.
Enseignante au début de sa carrière professionnelle, elle s’est ensuite convertie en aide-soignante, grâce à une formation à la Croix Rouge allemande. Avant d’être aujourd’hui Maman Poupées Africaine, elle a aussi comédienne. A ce titre, elle a contribué à écrire l'une des plus belles pages du théâtre et du cinéma togolais, avec des films comme « Kawilassi » et «Ashakara», deux productions émérites dans le 7ème art togolais. Ce fut également la première Togolaise à avoir fondé une troupe de théâtre qui deviendra plus tard la Troupe Nationale.
