Culture et Arts

L’île soudanaise de Suakin: Terre mythique enracinée dans l’histoire islamique

Suakin plonge ses racines dans l’histoire antique, remontant aux grecs anciens, aux Egyptiens et aux Ottomans.

Ahmed Younis Mohamed Abakar   | 26.12.2017
L’île soudanaise de Suakin: Terre mythique enracinée dans l’histoire islamique

Ankara

AA/ Khartoum / Ahmed Younis

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, a visité la cité de Suakin, sur la côte de la mer Rouge, dans l’Est du Soudan, sur les traces de sorte que les traces de ses « ancêtres ottomans » qui y régnaient du temps du califat.

Erdogan et son épouse, Emine, ont été accueillis dans la localité par le président soudanais Omar el-Béchir.

« L'île de Suakin est situé sur la côte ouest de la mer Rouge, dans l’Est du Soudan, à environ 560 km de la capitale, Khartoum, et à près de 70 kms de la ville de Port-Soudan.

L’ancienne ville, construite principalement en corail est actuellement en ruines.

Les avis divergent sur l’origine de son nom, « Suakin ». Certains considèrent qu’il provient du mot arabe « Sakan », désignant l’habitat ; la résidence. D’autres sont convaincus qu’il s’agit d’une déformation d’un terme égyptien, en raison de la prononciation locale.

Toujours est-il qu’une aura surnaturelle semble planer sur les lieux, incitant l’imaginaire populaire à en faire un endroit marqué par la présence des « Djinns ».

Les mythes et légendes abondent dans une zone où les mystères excitent la curiosité des visiteurs et des touristes.

Suakin plonge ses racines dans l’histoire antique, remontant aux grecs anciens, aux Egyptiens et aux Ottomans.

Les écrits de l’historien Al-Hamdani, citent au Xe siècle, la « vieille ville » de Suakin.

La cité a été prise par le roi mamelouk Zahir Baybars en 1264. Le souverain ne la conserva pas longtemps. Cependant, ses hommes sont revenus et en ont fait un port après avoir détruit celui d'Ayyimab, plus au sud.

En 1517, le sultan Selim I, en a fait le siège de la «direction l'Ethiopie ottomane», qui comprend les villes d’Arkiko et de Massawa, relevant actuellement de l’Erythrée.

Plus tard, Suakin a été annexée à la province ottomane de Jeddah, puis louée à l’Egypte sous le règne de Muhammad Ali Pacha.

Les armées britanniques de « Lord Kitchener » se sont réfugiées à Suakin, face aux attaques des forces du commandant Osman Digna, à l’époque où le Soudan était administré conjointement par l'Égypte et le Royaume-Uni.

Suakin est donc une cité à l’histoire séculaire, qui a accueilli des explorateurs aussi illustres qu’Ibn Battuta, et Samuel Baker.

La restauration de la ville historique avec un financement turc était prévue depuis des années.

Le président Erdogan s’est engagé à reconstruire «l’île historique », et a appelé son homologue soudanais El-Béchir à former un comité pour discuter de la question avec les propriétaires des maisons sur les lieux.

Les autorités locales ont salué la décision de «réhabiliter l'île de Suakin».

«La restauration de la ville historique stimulera le tourisme et les investissement», a déclaré le délégué de Suakin, Khaled Saadan.

Le responsable a imputé au colonialisme britannique la responsabilité de la destruction de l’île, afin d’oblitérer son identité islamique.

« Suakin était une capitale islamique, sur la côte de la mer Rouge et en Afrique de l'Est", a-t-il souligné.

De son côté, l’agence de presse soudanaise officielle, a indiqué, lundi, que la flotte turque stationnée le long de la côte de la mer Rouge, à l'époque de l'Empire ottoman, avait pour principal objectif de protéger la ville islamique, des attaques, en coordination avec l’Emir de la tribu des Artikia.

Et d’ajouter : « l’île avait connu sous la protection ottomane, une ère de stabilité et de développement économique et commercial ».

Pour sa part, le gouverneur de la province soudanaise de la Mer Rouge, Ali Ahmed Hamed, a déclaré à ses hôtes présidentiels, Erdoğan et El-Béchir, que "Suakin a longtemps été la terre du califat islamique ottoman".

Le ministre soudanais du Tourisme et des Antiquités, Mohammed Abou Zeid Mustafa, a signé, avec son homologue turc, des accords pour le développement du tourisme et la restauration des monuments, y compris les vestiges ottomans à Suakin.

Le président Erdogan a entamé, dimanche, au Soudan, une tournée africaine qui le mènera également au Tchad et en Tunisie.

C’est la première visite d’un président turc au Soudan depuis son indépendance en 1956.

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın