AA/ Kigali/Fulgence Niyonagize
La cour suprême de la République rwandaise a condamné, mardi, les huit « intwarane » (vaillants de Jésus et de Marie), emprisonnés depuis 2013, à cinq ans de prison, pour incitation à "la désobéissance civile", selon une source judiciaire.
Cette peine a été prononcée contre huit femmes et un homme accusés d’avoir organisé, en juillet 2013, une sortie de la messe de la cathédrale Saint Michel de Kigali, vers la résidence du président rwandais Paul Kagamé, où ils ont scandé des messages exhortant le président à appeler les Rwandais « à se repentir, à interdire aux filles l’avortement, et à mettre un terme à la dictature, s’il voudrait éviter qu’un bain de sang dépassant celui du génocide de 1994, ne soit versé au Rwanda ».
La cour suprême les a retenus coupables de propagation de rumeurs, de désobéissance civile et de diffamation à l’encore des autorités du pays. Ripostant, les accusés eux ont affirmé s’être retrouvés « par hasard tout près de la résidence présidentielle qui est à moins de 100 mètres de la cathédrale Saint Michel où ils venaient prier ».
Dans leur plaidoyer, les avocats des accusés ont affirmé que huit personnes n’ont fait que suivre leur cheftaine, Mutamba Chantal, qui avait des problèmes psychologiques, confirmés par un rapport de l’hôpital neuropsychiatrique de Ndera. Mutamba Chantal prétendait avoir eu une révélation divine et un message à adresser au président Kagamé. Ce qui rendrait les accusations retenues contre elle, « peu fondées, au regard de la loi».