AA/ Kigali/ Henri Demarie
Le nouveau code d’investissement rwandais dévoilé, récemment, par l'Agence Rwandaise de Développement, ARD, vise à travers des mesures attractives à augmenter les recettes annuelles pour atteindre 1,5 milliard de dollars.
Il offre, de ce fait, d’importants avantages et une bonne flexibilité aux investisseurs locaux et étrangers. Un saut considérable par rapport à celui de 2005, selon certains observateurs.
Le nouveau Code prévoit, en effet, une réduction de 50% des impôts imposés aux investisseurs et un prélèvement de 15% de la taxe sur l'impôt sur les revenus, au lieu des 30% mentionnés dans le Code de 2005.
La somme de cent mille dollars exigée auparavant pour l'obtention d'un certificat d'investissement est désormais supprimée, en vertu du nouveau texte. Une entreprise peut également être opérationnelle en 2 jours et non en 10 jours, comme le stipulait l'ancien code.
Les importations dans l'union douanière de la communauté de l'Afrique de l'Est seront exonérées des droits d'importations. Tous ces amendements visent à accroître le niveau des investissements et des exportations dans tous les secteurs.
« Nous accueillons ce nouveau code avec beaucoup d'optimisme, il est très favorable au climat d’affaires dans notre pays, dans la mesure où il offre beaucoup d'allègements fiscaux, non seulement pour les investisseurs étrangers mais surtout pour les locaux. C’est une avancée salutaire qui va aider tous les acteurs à une concurrence saine »,a déclaré à Anadolu, Antoine Manzi, directeur des plaidoyers au sein de la fédération du secteur privé du Rwanda.
L'ancien code des investissements de 2005 a généré 17 milles postes d’emplois au Rwanda en 2012. Les investissements ont rapporté 500 millions de dollars au pays en 2014. Le nouveau code de 2015 vise, lui, 1,5 milliard de dollars de recettes par an et favorisera la création de 2 000 emplois chaque année, selon les autorités rwandaises.
« Les secteurs prioritaires et émergents comme l'énergie, le tourisme, les TIC vont faciliter l'atteinte de nos objectifs. Leur dynamisme augmentera de 20% par an les investissements directs. Ces domaines seront une bonne alternative pour l'insertion professionnelle de milliers de jeunes », affirme à Anadolu, Yvette Umutoni, chargée de la promotion et de la facilitation de l'investissement au sein de l'Agence Rwandaise de Développement.
L'économie rwandaise demeure la plus compétitive de l'Afrique de l'est selon le dernier rapport 2014 de Doing Business. Le pays projette une croissance économique de 6,5% pour 2015.
Pour sauvegarder ces avancées, l'économiste et consultant rwandais, Teddy Kaberuka, met en garde contre "un effet boomrang" des réformes, encore qu'il reconnaisse le caractère "ambitieux" du nouveau code.
"On fait trop de concessions dans notre quête de rester une économie compétitive. Avec certains nouveaux avantages dans ce code, comme par exemple la réduction de moitié des taxes sur les revenus, il y a un risque de bouleversement des performances de l'office rwandais des recettes. Même si on maintenait à 30% ou qu'ou on réduisait à 20% seulement, cela resterait une situation inédite en Afrique de l'Est," précise-t-il, dans une déclaration à Anadolu.