AA - Ankara - Nur Gülsoy
La présence de la Turquie en Afrique ne sera pas passagère mais permanente, a déclaré le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu, également président du Parti pour la Justice et le Développement (AKP).
Le chef du gouvernement s'est exprimé, mardi, devant le groupe parlementaire de l'AKP.
"Nous avons jeté les bases d'un nouvel espace d'échange économique en Afrique, ce qui nous aidera aussi à faire face aux problèmes dus aux tensions dans la région du Moyen-Orient et aux difficultés de l'Union Européenne", a-t-il affirmé. "Nous ne sommes absolument pas de passage en Afrique, nous y serons durablement. Il en sera de même en Amérique latine et en Asie orientale où nous essayons d'ouvrir les voies pour nos milieux d'affaires en levant les obstacles tels que les visas et les restrictions douanières", a expliqué le premier ministre.
Le chef de l'AKP a, dans ce contexte, annoncé une série de visites dont une en Irak au cours de ce mois de novembre, avant que son homologue irakien ne vienne en Turquie pour relancer le Conseil de coopération stratégique.
Ahmet Davutoglu se rendra aussi à Athènes en début décembre avant de recevoir le président russe Vladimir Poutine en Turquie.
"Notre entourage est sans doute boulversé par l'instabilité et par de sérieux problèmes qui secouent la région, a souligné Davutoglu, mais ces peuples sont nos frères et l'Etat turc est le seul qui puisse leur venir en aide économiquement. De ce fait, le maintien de la stabilité politique en Turquie importe beaucoup."
Le Premier ministre a aussi commenté le rythme d'avancement du processus de résolution.
"Ceux [les membres de l'organisation terroriste] qui devaient déjà quitter le territoire turc en mai 2013, doivent le faire maintenant et commencer à rendre leurs armes, a-t-il lancé. Impossible de parler du processus de résolution sans abandonner les armes (et surtout pas) en les pointant vers nos frères dans l'est et le sud-est du pays, comme l'épée de Damoclès. Le processus de résolution est un projet national et original pour nous. Il doit aboutir absolument."
A la suite du dialogue entamé par le gouvernement en début 2013, il a été décidé que l'organisation terroriste PKK rende ses armes et quitte le territoire turc au printemps.
Ahmet Davutoglu a aussi critiqué l'armée israélienne pour l'attaque contre la mosquée d'al Aqsa, déclarant à l'adresse d'Israël : "Ne pense pas pouvoir poursuivre cette attaque contre la mosquée d'al Aqsa en te servant des troubles, des tensions et des problèmes internes que connaît le monde musulman. La Turquie ne se taira pas."
En outre, le Premier ministre a critiqué les propos attribués au Parti républicain du peuple (CHP, opposition): "Ceux qui présentent les traditions alévies et sunnites comme deux confessions opposées, ne savent rien de l'Histoire, la culture, l'alévisme et le sunnisme."
Des polémiques avaient éclaté sur les propositions de réglementation concernant la communauté alévie, telles que l'inscription des traditions alévies dans les programmes scolaires et la représentation de la communauté au sein des institutions de la République.