AA /Kinshasa (RDC)/ Francine Mokoko
Les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR) ont accepté la décision des pays de la région des Grands Lacs et de l’Afrique australe, prise jeudi, de leur accorder un délai supplémentaire de six mois pour un désarmement volontaire, a déclaré vendredi à Anadolu, le colonel Wilson Irategeta, secrétaire exécutif intérimaire des FDRL.
" C’est un processus que nous avons commencé avec nos partenaires : la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) et le Gouvernement congolais. Nous sommes consentants face à cette décision. Le processus ne nous inquiète nullement ", a expliqué le Colonel Irategeta, joint par téléphone.
Le délai de six mois a été imposé par les pays de la région des Grands lacs et de l’Afrique australe qui ont également décidé jeudi, à l’issue d’une réunion tenue à Luanda, capitale angolaise, que, passé ce délai "une intervention militaire contre les FDRL seraient envisageable" , d’après le communiqué final conjoint de la CIRGL et de la SADC, diffusé jeudi.
Estimés à environ 200.000, les FDRL vivent en RDC depuis l’assassinat du Président rwandais Juvénal Habyarimana en 1994.
Une présence qui gène le gouvernement congolais pour qui " la priorité reste la fin de la présence de tous les membres des FDRL sur le territoire national ", selon le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende,qui s'est exprimé lors d'une conférence de presse jeudi, à Kinshasa.
" Il n’y a personne qui refuse de rentrer au Rwanda. Tout ce que nous demandons c’est que la communauté internationale nous aide à fléchir la position du Rwanda et le convaincre d’accepter que nous puissions rentrer dans des conditions dignes " , a poursuivit le Colonel Irategeta.
"Certains de ceux qui sont déjà rentrés au Rwanda se retrouvent en prison, d’autres sont enlevés. On procède à des arrestations arbitraires pour que ceux qui se trouvent à l’extérieur soient paniqués", a ajouté le secrétaire exécutif, précisant que les FDRL veulent que "tout cela cesse pour que nous puissions rentrer au pays et dialoguer avec le gouvernement de Kigali pour la création des conditions dignes".
Jeudi, les ministres du CIRGL (Conférence Internationale sur la Région des Grands Lacs) et de la SADC avaient d’ailleurs appelé à un renforcement du mécanisme créé pour l'évaluation et la mise en œuvre du processus de désarmement et de rapatriement vers le Rwanda.
Composés en partie d'anciens soldats Hutus, les rebelles des FDLR sont responsables de plusieurs exactions massives pendant le génocide de 1994 au Rwanda.
Le 30 mai dernier, une première vague de 105 combattants FDLR et leurs dépendants s'étaient rendus à Kateku, dans le Nord Kivu. Par cette démarche, ces rebelles que le régime Rwandais accuse d'avoir participé au Génocide de 1994 veulent s'attirer le soutient de la communauté internationale pour décrocher des négociations directes avec le pouvoir de Paul Kagame.
Le 9 juin, 83 combattants FDLR, ont remis leurs armes aux représentants de la SADC, à Kigogo, en province du Sud Kivu, avait constaté un correspondant de Anadolu sur place.