AA/ Ouagadougou/ Boukary Ouédraogo
Le Tribunal de Grande instance de Ouagadougou s'est déclaré incompétent, dans un verdict rendu mercredi, au sujet de l'exhumation du corps de Thomas Sankara, affaire provoquée 4 ans auparavant par sa famille, dans l'objectif de s'assurer de l'authenticité de la dépouille de l'ex-président, a rapporté un correspondant de Anadolu.
"Le Tribunal de Grande instance a estimé qu'il ne peut pas se prononcer sur cette affaire renvoyée le 2 avril par le procureur du tribunal de Grande Instance", a indiqué à Anadolu Bénéwendé Sankara, l'un des avocats de la famille concernée.
Il a encore ajouté : « Nous n’avons pas pour le moment des explications de la part du juge. Nous ne pouvons donc pas saisir les dessous de la décision, avant de la pourvoir en appel. C’est l'unique voie légale».
Le 14 octobre 2009, les avocats de Mariam Sankara (l'épouse de Thomas Sankara) et de ses enfants avaient déposé une requête auprès du Tribunal de grande instance de Ouagadougou afin de vérifier par expertise ADN si le corps qui se trouverait dans la tombe est bien celui de Thomas Sankara.
Le doute pèse sur l’authenticité de ce qui est officiellement présenté comme la tombe de l’ancien président, Thomas Sankara. La dépouille du "père de la révolution burkinabè" n’a jamais été présentée ni à sa famille, ni au public. C’est sous la pression du Comité des droits de l’Homme des Nations Unies que le gouvernement burkinabè avait érigé une sépulture au cimetière de Dagnoen, situé au secteur 29 de la ville de Ouagadougou, selon la même source.
Arrivé au pouvoir par un coup d'Etat en 1983, Thomas Sankara a dirigé "la révolution burkinabè" en engageant nombre de réformes sociales et économiques jusqu'à son assassinat dans un autre coup d'État qui a amené au pouvoir l'actuel président Blaise Compaoré, le 15 octobre 1987. C'est sous l'ère du "Che Guevara africain" que le pays a abandonné l'ancien nom de "Haute Volta", hérité de l'administration coloniale, pour prendre la dénomination de "Burkina Faso" ("pays des hommes intègres", en langue locale).
Aucune réaction n'a été enregistrée de la part du gouvernement burkinabé à propos de cette affaire, jusqu'à mercredi matin.