Safwene Grira
07 Décembre 2015•Mise à jour: 07 Décembre 2015
AA/ Ouagadougou/ Olympia de Maismont
Qu'ils soient universitaires, fonctionnaires, ouvriers ou étudiants, les Burkinabè sont unanimes quant à leurs attentes de leur nouveau Président; contribuer à un véritable changement, en tournant définitivement la page de l'ancien Président Blaise Compaoré.
Celle-ci aura été symboliquement tournée, d'ailleurs, avec l'inculpation, apprise dimanche soir, du Général Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Compaoré, dans le dossier de l'assassinat du Président Thomas Sankara, mort en 1987, dans le coup d'Etat qui a porté Compaoré au pouvoir.
Elu dès le premier tour de la présidentielle de dimanche 29 novembre, Roch Marc Christian Kaboré a justement bâti sa campagne autour du thème du "changement".
Le candidat du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP), et paradoxalement l'ancien collaborateur de Compaoré, affirmait qu’il avait « la réponse » aux multiples problèmes du pays.
Les Burkinabè attendent dès lors de son nouveau gouvernement qu’il tourne la page du précèdent régime et mette en place des mesures concrètes.
Pour Dieudonné Compaoré, technicien en bâtiment à Ouagadougou, Le changement devra nécessairement passer par la transparence et la justice.
« Tant qu’il n’y a pas de justice il ne peut pas y avoir de changement. On attend de la justice dans toutes les affaires, celles de l’assassinat de Thomas Sankara et de Norbert Zongo et surtout pour le coup d’état. Roch était très proche de Diendéré pendant plus de 20 ans, est-ce qu’il peut vraiment faire justice autour de ca ? je lui donne 6 mois pour régler cette affaire sinon je saurai qu’il est juste une copie Blaise», s'interroge-t-il.
Léonce, consultant en ingénierie de l’information espère quant à lui que ce changement mettra un terme à la corruption qui met un frein à l’économie. « J’attends de voir s’il y aura vraiment un changement comme il l’a promis. Depuis des années c’est les mêmes têtes qui sont au pouvoir, pour avoir du travail ou obtenir un marché il faut obligatoirement connaître quelqu’un. On n’obtient pas du travail en fonction de nos compétences mais de nos relations »
Pawendtaoré, directeur financier s’inquiète de la capacité de l’Etat à gouverner. « le Burkina ne doit pas être gouverné par l’Etat, il faut que l’autorité de l’état soit restaurée. Et pour ca le président devra engager des mesures concrètes et visibles » Il espère aussi que le prochain locataire de Kosyam réalisera ses promesses en terme d’infrastructures « Pendant la saison des pluies, de nombreux villages sont complètement inondés, les gens ne peuvent même pas sortir pour travailler, il faut impérativement construire des routes. Au niveau de la santé, il faudrait rétablir ce que Thomas Sankara avait mis en place, c’est a dire un Centre de Santé et de Promotion Sociale CSPS dans chaque village pour que chacun ait accès aux soins même si l’hôpital est trop loin. »
Miriam, secrétaire insiste aussi sur le défi de la santé « beaucoup de villages n’ont pas d’infirmerie ou de centre de santé, mais même quand il y en a, les gens n’ont pas toujours accès aux soins faute de moyens, il faut baisser le cout des médicaments et des consultations. Trop de gens meurent de maladies évitables. »
Clément, étudiant en lettre modernes à l’université de Ouagadougou attend du prochain gouvernement qu’il reforme le système universitaire « J’attends qu’il régularise le système estudiantin. L’université accuse beaucoup de retards, les dattes des semestres ne sont jamais respectées et on ne sait jamais quand aura lieu la rentrée. Il faudrait aussi qu’il y ait plus de matériel à notre disposition, sur tout le campus, il n’y a qu’une vingtaine d’ordinateurs disponibles aux étudiants et même pas de wifi alors qu’ils ont reçu des financements pour ca. »