Archive, Archive, Afrique

Du nord vers le sud, la migration de la stabilité en Afrique

l'Afrique subsaharienne a commencé sa transition démocratique dans les annés 90, choses que vivent actuellement les pays d'Afrique du nord.

10.04.2014
Du nord vers le sud, la migration de la stabilité en Afrique

AA - Tunis - Seif Eddine Trabelsi 

 

Alors que l'Afrique subsaherienne est plus stable aujourd hui qu'il y a 20 ans, l'Afrique du nord passe par une zone de turbulence engendrée par les révolutions en série.La stabilité semble migrer vers le sud du continent, estiment des experts en politique africaine, dans des déclarations à Anadolu.

Concernant l'Afrique du Nord, Tarek Kahlaoui, président de l'Institut tunisien des études stratégiques, ITES, est catégorique: ''Plus on se dirige vers l'ouest de l'Afrique du Nord plus on  gagne en stabilité, plus on se dirige vers l'Est et plus la situation est instable".

En Afrique du nord la situation est en effet plus précaire que par le passé. L'incertitude régne. A commencer par l'Egypte qui a fait un retour à la case départ aprés deux ans de processus démocratique.Le pays est est à nouveau à la recherche d'un modèle politique sous la pression  des contraintes économiques. « Tout cela ne favorise pas la stabilité de l'Egypte », continue Kahlaoui

 Contrairement à l'Egyptie, en Tunisie la situation se dirige vers la stabilité.Un modèle politique semble etre trouvé aprés de longues tractations. « Il y a un consensus sur le fait que l'arbitrage politique doit se faire par  les urnes », estime Kahlaoui

La Libye connait égalementune période d'instabilité et passe par une période post-révolutionnaire difficile .« Elle vascille entre deux modèles: le modele tunisien, celui du consensus qui pourrait favoriser sa stabilité et le modele egyptien basé sur la coercition qui pourrait aggraver la crise politique actuelle et conduire le pays vers d'avantage d'instabilité », selon le président de l'ITES.

Aprés une période de stabilité et de prospérité économique l'Algérie elle aussi semble rattrappée par "le printemps arabe".De plus en plus de manifestations et de protestations ont été enregistrées  contre un quatrième mandat de président Abdel Aziz Bouteflika. « Il y a un désaccord au sein du régime sur la succession de Bouteflika , les élections présidentielles montreront si ce désaccord se transformera en conflit ou pas. », ajoute Kahlaoui

De tous les pays d’Afrique du nord, c’est le Maroc qui a en 2012 capté le plus d’investissements directs étrangers (IDE) selon le dernier rapport de la CNUCED (Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement )

Mais cet exploit le Maroc le doit beaucoup « aux troubles politiques chez ses voisins » souligne le rapport.

Quant à l'Afrique Subsaharienne,  elle a connu la fin de ces grands dictateurs vers la fin des années 1990 et a donc commencé sa période de transition démocratique bien plus tôt que les pays arabes de l'Afrique du Nord »  explique  Florent Geel , responsable du bureau Afrique de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme, FIDH.

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), créée en 1975, est aujourd'hui un vrai marché. Regroupant 15 pays et pas moins de 308 millions d'habitants, cette force économique régionale  affiche un taux de croissance de plus de 6 % en 2013 , le plus élevé de toutes les régions d'Afrique.

« L'Afrique est globalement plus démocratique aujourd'hui qu'il y a 20 ans, cette ouverture démocratique fait que les conflits baissent parce qu'un dictateur s'appuie sur sa tribu ou sa communauté alors que dans une démocratie il faut faire des alliances qui dépassent la communauté et renforcent la cohésion nationale et la stabilité », selon  le président du bureau Afrique de la FIDH. « Aujourd'hui on ne compte plus que trois foyers de tension en Afrique, la Centrafrique , le sud Soudan ,et le Mali »,explique-t-il

Pour Touré Blamassi, président de l'association des Etudiant africains en Tunisie et expert en politique africaine, la baisse des conflits en Afrique noire est due à l'évolution de l'intellectuel africain et de la hausse du niveau d'éducation. «  Il y a une plus grande conscience chez les africains aujourd'hui  que leurs intérêts ne résident pas dans les conflits mais dans la paix », estime -t-il

« Le rapport de force a aussi évolué sur le continent avec les nouveaux partenaires économiques.On passe de l'Afrique qui n'a de liens qu' avec la France et l'Angleterre, les deux ex-puissances coloniales à une Afrique qui entretient des rapports avec  de nouveaux acteurs comme les américains, les russes, les chinois,ou les japonais ; ce qui équilibre les forces et rend le continent plus stable » explique Blamassi.

 Il reste, néanmoins, en Afrique une « zone grise » un arc qui s'étand de la Somalie à la Mauritanie en passant par le sud libyen, le Niger et le Mali. ''un arc ou l'on retrouve des Etats faibles, voir en faillite et donc des zones propice au devellopement du terrorisme » conclut Blamassi.

Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
A Lire Aussi
Bu haberi paylaşın