AA/Lagos (Nigéria)/ Rafiu Ajakaye
Plusieurs parents et volontaires civils se sont joints aux recherches pour retrouver la centaine de jeunes lycéennes nigérianes enlevées lundi, par des combattants du groupe armé Boko Haram.
« Je ne peux pas imaginer combien nos filles sont traumatisées en ce moment. Nous souffrons » a déclaré, à l’Agence Anadolu, Isa Maina, un proche d’une des jeunes filles kidnappées.
« L’attente [nous] tue. Nos femmes ne supportent plus de nous voir passifs, alors que nos filles ont disparu » a ajouté Maina.
Le nigérian fait partie des nombreux proches et volontaires qui se sont rendus dans la redoutable Forêt de Sambisa – repaire de Boko Haram - pour chercher les jeunes filles prises en otages.
Interrogés sur les dangers potentiels d’une incursion dans la forêt, Maina a répondu qu’ils : « [avaient] découvert que ces terroristes pouvaient être cachés dans des endroits que [leurs] troupes ne connaissaient pas. »
« Puisque c’est ici que nous sommes nés, nous connaissons tous les endroits. Nous pouvons être utiles à cet égard. Nous sommes sûrs que les soldats nous protégeront » a ajouté Maina.
Sumaila Ularamu, membre de la Force d'intervention civile conjointe, a confirmé que les parents des jeunes filles kidnappées s’étaient lancés à leur recherche, ainsi que des personnes ayant une très bonne connaissance de la Forêt.
« Il est vrai que des parents se sont joints à nous. Certains ont même contribué par de l’argent, bien que le gouvernement nous aide... Des chasseurs nous ont également rejoints » a déclaré Ularamu.
Les combattants de Boko Haram avaient pris d’assaut lundi soir, le pensionnat et Lycée public pour filles de Chibok- dans l’Etat de Borno - et emporté dans leurs camions 129 jeunes filles, âgées entre douze et dix-sept ans.
Le groupe armé Boko Haram n’a toujours pas émis de commentaires concernant cet enlèvement massif de mineures, mais beaucoup craignent que les adolescentes kidnappées ne soient exploitées comme esclaves sexuelles.
Mercredi, l’armée nigériane avait annoncé avoir libéré 121 élèves et affirmé que seules huit d’entre elles étaient encore portées disparues. Des déclarations démenties, quelques heures plus tard par les autorités régionales, la directrice du Lycée de Chibok et les habitants de la ville.
Seules 14 des lycéennes sont finalement libres parce qu'elle ont pu s'évader, d’après le Gouverneur de Borno, Kashim Shettima, et la directrice du lycée, Asabe Kwamburah.
Jeudi soir, le porte-parole de l’armée nigériane, Chris Olukolade, disant avoir agi de bonne foi et sans intention de tromper le public, avait finalement déclaré : « A la lumière [des démentis], le quartier général de la Défense souhaite s’en remettre aux déclarations de la directrice du lycée et du gouverneur sur le nombre de lycéennes toujours portées disparues et retirer cet élément d’une déclaration précédente. »