AA/ Garoua (Cameroun)/ Peter Klum
Le marché de la localité de Pitoa, dans le nord du Cameroun, est un royaume dont le souverain est peu conventionnel: l’oignon. Très apprécié et cultivé à profusion dans la région, il contribue à ravitailler des pans entiers du pays et même certains pays voisins.
A une dizaine de kilomètres de la ville de Garoua (Nord) tous les dimanches des visiteurs viennent du grand sud du Cameroun (Yaoundé et Douala), de l’extrême-nord, mais aussi de la Centrafrique, du Nigéria, du Tchad et du Congo-Brazzaville sur une vaste place ombragée par les arbres et quelques hangars, pour acheter ce qui est à la fois un légume et un condiment précieux.
C’est d’ailleurs dans la petite ville de Pitoa que l’on trouve la meilleure qualité de cet ingrédient incontournable pour nombre de mets, vous assurent les acheteurs.
D’après les cultivateurs de l’oignon installés dans la vallée du Mount Tinguelin, le sol et le climat de Pitoa font en sorte que l’oignon est produit à la fois durant la saison sèche et celle pluvieuse, «mais l’oignon de la saison sèche reste le meilleur», affirme Moussa, l’un des cultivateurs.
L’oignon produit en saison sèche est de couleur rougeâtre tandis que celui de la saison pluvieuse est blanchâtre et pourri rapidement. «L’oignon de la saison sèche de Pitoa est d’un gabarit inférieur et bien plus goûteux», confirme Asta une restauratrice à Garoua.
Ceci explique surement la raison pour laquelle Pitoa est souvent envahie en saison sèche par des marchands d’oignons en provenance du Gabon, du Tchad et du grand sud du Cameroun.
D’ailleurs le prix de vente dépend de la période aussi puisqu’en saison sèche, le sac d’oignon d’environ 110 kgs se vend entre 35.000 frs et 40.000 frs CFA (entre 70 et 80 dollars), tandis que durant la saison des pluies, son prix chute à 20.000 frs CFA (40 dollars).
Chaque semaine, les cultivateurs de Pitoa apportent leurs marchandises au marché sur des poussettes, des motos, des bicyclettes ou encore à dos d’âne.
Mais l’oignon vendu dans ce marché n’est pas produit uniquement à Pitoa, il vient aussi des villes proches comme Maroua et Kaélé et, comme les producteurs trouvent facilement leur compte à Pitoa, ils n’hésitent pas à venir chaque week-end vendre leur produit transporté par grands camions entiers.
Ces oignons une fois arrivées dans la ville, sont vendus par les cultivateurs aux intermédiaires qui achètent selon leurs moyens et les revendent à leur tour aux «grands clients». C’est ainsi que des centaines de camions quittent chaque jour la région pour vendre le produit à travers le pays.
En dehors d’être une pièce maitresse dans les marmites des ménagères, l’oignon est fortement consommée sur la place même du marché par les amateurs de viande grillée, une autre particularité du marché de Pitoa.
Ainsi, les grillades de mouton, de chèvre, de poulet et de bœuf accompagnées d’oignon et d’une tasse de thé attirent des centaines de gourmands à Pitoa chaque dimanche.
Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.
