Analyse

La normalisation des relations turco-égyptiennes pourrait créer de nouvelles perspectives économiques (Analyse)

- Les efforts de normalisation qui ont débuté par des mesures prises, récemment, par les deux parties, reflètent en réalité l'existence d'une volonté politique dans ce sens

Mehmet Fatih Erdoğdu   | 06.05.2021
La normalisation des relations turco-égyptiennes pourrait créer de nouvelles perspectives économiques (Analyse)

Istanbul

AA / Istanbul / Mehmet Fatih Erdogan

Les relations turco-égyptiennes ont connu une dégradation notoire après le renversement du président défunt, Mohamed Morsi, en juillet 2013, et les tensions bilatérales dans le domaine politique ont eu un impact négatif sur les relations économiques entre les deux pays.

Toutefois, les efforts de normalisation qui ont débuté par des mesures prises, récemment, par les deux parties, reflètent, en réalité, l'existence d'une volonté politique dans ce sens, avec une dimension officielle, à l’occasion d'une visite qu’effectue une délégation du ministère turc des Affaires étrangères, les 5 et 6 mai, au Caire.

Le lancement du processus de normalisation entre les deux pays ne sera pas apte, à lui seul, d'améliorer les relations économiques, en un laps de temps court, raison pour laquelle les responsables égyptiens et tucs œuvrent à prendre des mesures d'envergure pour accroître le volume des échanges commerciaux et des investissements.

Malgré l'accumulation de problèmes, à l'instar des barrières douanières, des règlements bureaucratiques et des longues procédures requises pour l’obtention d’un visa d'entrée aux deux pays, au cours des sept dernières années, il n'en demeure pas moins que la roue des relations économiques n'a pas cessé de tourner entre les deux capitales.

Aussi paradoxalement que cela puisse paraître, l'Egypte demeure l'un des principaux partenaires commerciaux de la Turquie, en Afrique du Nord.

Selon les données de l'Institut de statistique et du ministère du Commerce turcs, le volume des exportations d’Ankara vers l'Egypte a atteint les 21,9 milliards de dollars entre 2014 et 2020, tandis que le volume des importations depuis le Caire s'élève à 12,1 milliards de dollars, au cours de la même période.

Il se dégage de la période des sept années indiquée que la Turquie, qui exporte à hauteur de 3 milliards de dollars annuellement vers l'Egypte, s’est souciée de préserver ses relations économiques avec le Caire.
De plus, les exportations turques vers l'Egypte au cours de la période en question ont été composées majoritairement de fer, de plastique, d’acier, de voitures et de produits et huiles pétroliers.
Par ailleurs, le plastique et ses dérivés, les industries pétrochimiques et le textile ont été les principaux produits importés depuis l'Egypte.

Les entreprises turques disposent, également, d'investissements directs dans plusieurs champs et secteurs en Egypte, tels que les banques, le bâtiment et les industries automobile et du verre.
Il ressort des prévisions que ces investissements connaîtront un accroissement notoire au cours de la prochaine période, notamment, pour l'Egypte qui souffre d’un problème de chômage, en particulier, celui des jeunes.

Un partenaire ancien


L'Egypte, dont la population dépasse les 100 millions d'habitants, représente aujourd'hui l'une des principales économies de la région. En effet, les routes stratégiques du commerce dans la région du Moyen-Orient traversent l'Egypte, qui offre également des opportunités de choix en matière d'investissements dans les domaines de l'énergie et du tourisme.

L'histoire du partenariat stratégique entre l'Egypte et l'Anatolie remonte à de nombreux siècles. Durant les époques romaine, byzantine et ottomane, l'Egypte a de tout temps constitué l'un des principaux marchés des produits de la région de l'Anatolie.

La Turquie a, longtemps, veillé à établir des relations économiques étroites avec l'Egypte, qui est devenu l'un des pays les plus stables dans la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, au vu de sa capacité à exploiter à bon escient ses potentialités géographiques et ses partenariats économiques.

L'emplacement stratégique de l'Egypte, ses relations historiques et économiques et l'importance qu'elle représente pour la Turquie ont fait de ce pays l'une des contrées les plus importantes du commerce mondial.

En plus, l'Egypte compte un grand marché commercial en Afrique parallèlement à son important développement démographique et représente une nouvelle porte offerte aux exportateurs turcs pour s'ouvrir sur l'Afrique et les autres pays arabes.

Au moment où l'Egypte est en mesure d'avoir les matières premières et les produits dont a besoin l'industrie égyptienne à travers leur importation depuis la Turquie, il est possible également de recourir à la main d'œuvre qualifiée dans les deux pays pour réaliser des projets et des investissements mixtes.

Un projet qui lie 9 pays africains


Les accidents ferroviaires survenus, récemment, en Egypte et qui ont fait de lourdes pertes humaines et matérielles, ont dévoilé la volonté du gouvernement égyptien d'améliorer l'infrastructure de transport et de réaliser des projets dans le réseau ferroviaire.

Selon le site du journal « Arab news », l'Egypte envisage de construire des lignes ferroviaires d'une longueur de 450 kilomètres qui pourraient être liées au réseau existant actuellement au Soudan.
D’autre part, l'Egypte planifie de réaliser un projet dans le domaine des infrastructures qui relierait le pays à neuf autres Etats africains. Le ministre égyptien du Transport, Kamel al-Wazir, avait annoncé, en février dernier, que le projet comporte le développement des systèmes des routes et du réseau ferroviaire.

Le ministre a souligné que l'Egypte œuvre à mener à terme un plan global qui permettra d’aménager 13 ports et centres logistiques et que dans ce cadre, ce sont 135 projets d'une valeur de 953 millions de dollars qui seront réalisés au cours des prochains mois.

Al-Wazir a ajouté que neuf projets, d’une valeur de 19 millions de dollars, ont déjà été achevés.

Compte tenu du volume des nombreux projets d'infrastructure et de transport devant être réalisés, il est possible d'avancer que les entrepreneurs turcs, qui disposent d'une longue expertise dans ce domaine, sont en mesure de contribuer à la réalisation des projets dont a besoin l'Egypte.

De plus, le rapprochement turco-égyptien est de nature à offrir de nouvelles opportunités et perspectives de coopération dans plusieurs secteurs et domaines, parallèlement à la poursuite des travaux de recherche et de prospection des réserves de gaz en Méditerranée orientale.

L'Egypte, qui est parvenue à construire des stations d'énergie renouvelable et de gaz naturel, s'emploie actuellement à réaliser une station d'énergie nucléaire dans la ville d’al-Dhabaa, sur les rives de la Méditerranée.
L'Egypte œuvre, aussi, à renforcer ses liens de coopération dans le domaine de la réalisation des projets de transport avec les pays voisins, au moment où la Turquie souhaite multiplier ses initiatives et projets mixtes avec l'Egypte dans le domaine de l'énergie et ce, après la normalisation des relations bilatérales.

*Traduit de l'arabe par Hatem Kattou

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