Analyse

Algérie - Fusion et suppression de ministères et traitement de déséquilibres (Analyse)

- Le remaniement gouvernemental opéré par le président Tebboune a vu le retour de deux ministres, considérés comme étant proches de l'ère de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Majdi Ismail   | 22.02.2021
Algérie - Fusion et suppression de ministères et traitement de déséquilibres (Analyse)

Alger


AA / Alger / Hassan Jibril

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a opéré, dimanche, un remaniement ministériel partiel sur le gouvernement de Abdelaziz Djerad, en vertu duquel six nouveaux ministres ont fait leur entrée dans le cabinet, sans pour autant toucher les portefeuilles régaliens.

Le remaniement gouvernemental a été marqué par la fusion de nombre de ministères et la suppression d'autres, ainsi que le traitement de déséquilibres qui ont marqué certains secteurs au cours de l'année de la propagation de la pandémie de la COVID-19.

Dimanche, la Présidence algérienne a annoncé que le président Tebboune a signé un décret-loi comportant un remaniement ministériel.

Le président algérien avait annoncé, jeudi, sa décision de dissoudre le Parlement et d'opérer un remaniement ministériel partiel qui touchera plusieurs secteurs.

Il avait précisé que ce changement ciblera des secteurs qui n'ont pas été à la hauteur des aspirations des citoyens.

L'Algérie a vécu au cours du long week-end, au rythme d'une attente prudente dans l'expectative du remaniement gouvernemental, devenu un sujet viral sur les réseaux sociaux et un centre d'intérêt des citoyens, toutes catégories confondues.

Avant son départ en direction de l'Allemagne, le 10 janvier dernier, pour un deuxième séjour médical, le président Tebboune avait déclaré que l'actuel gouvernement est « mi-figue mi-raisin », ce qui signifie que certains secteurs ont accompli leur mission tandis que d'autres ont été décevants.

Le président algérien a maintenu à son poste le Chef du gouvernement, Abdelaziz Djerad.

Le remaniement a touché, en particulier, le secteur de l'Industrie qui a soulevé un tollé général en Algérie au cours des derniers mois.

Le ministre de l'Industrie Farhat Aït Ali a été limogé et remplacé par Mohamed Bacha.

Farah Ait Ali avait provoqué des polémiques sans fin sur les réseaux sociaux, après avoir annulé la possibilité d'importation des voitures d’occasion, bien que la loi de Finances, au titre de l'année 2020, comportait un article spécifique autorisant cette opération.

Depuis plusieurs années, l'Algérie connaît une raréfaction des nouveaux véhicules et une augmentation des prix des voitures d’occasion, en raison, entre autres, du gel de l'importation et de la suspension des usines d'assemblage de voitures, mises en place à l'époque de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika.

Les réseaux sociaux se sont enflammés après l'annonce d’une liste de quatre importateurs des nouveaux véhicules, mais le ministre Aït Ali a refusé de dévoiler la liste ou les marques de voitures concernées.

Des activistes et de nombreux internautes algériens ont réclamé le limogeage de Farhat Aït Ali, dès lors qu'il « ne traite pas le dossier des voitures avec la transparence requise ».

Les utilisateurs des réseaux sociaux ont publié des vidéos du ministre en question, qui réclamait avant de faire partie du cabinet (lors des marches du Hirak en 2019), l'importation de voitures d’occasion.

Par ailleurs, le ministre des Ressources hydrauliques, Arezki Berraki, a quitté le gouvernement de Abdelaziz Djerad, et a été remplacé par Mustapha Kamel Mihoubi.

Le changement de Berraki est intervenu sur fond de problèmes de distribution d'eau potable, dans plusieurs villes algériennes durant la saison estivale, ce qui a provoqué une série de protestations et de manifestations dans plusieurs régions du pays.


- Fusion et suppression de ministères

Ce qui est remarquable dans le remaniement opéré par le président Tebboune, est la suppression et la fusion de ministères en un seul, ainsi que la réduction du nombre des ministères délégués (Secrétariats d'Etat).

Les départements de l'Energie et des Mines ont fusionné, après avoir été longtemps deux ministères séparés.

Le ministre des Mines, Mohamed Arkab a été confirmé à son poste et dirigera désormais le nouveau ministère fusionné de l'Energie et des Mines, tandis que Abdelmadjid Attar a quitté le département de l'Energie.

L'opération de fusion a touché également les ministères des Travaux publics et du Transport qui seront désormais dirigés par Kamel Nasri, qui occupait auparavant le poste de ministre de l'Habitat.

Le poste de ministre des Transports était vacant depuis plusieurs mois, après le limogeage de Lazhar Héni par le président Tebboune, alors que Farouk Chia’li, qui occupait le poste de ministre des Travaux publics, a quitté le gouvernement en vertu de ce remaniement.


- Réduction du nombre des ministères « de second plan »

Le remaniement ministériel a réduit le nombre de ministères de « second plan » (Secrétariats d'Etat).

Selon le communiqué de la Présidence annonçant le remaniement gouvernemental, Tebboune a décidé de réduire le nombre de ministères et de focaliser l'attention sur l'efficacité sur le terrain, en engageant de nouvelles compétences.

Le deuxième gouvernement de Abdelaziz Djerad (juin 2020 – février 2021) a comporté 34 ministères ainsi que 6 Secrétariats d'Etat.

Le récent remaniement gouvernemental a supprimé le poste de Secrétariat d'Etat chargé de l'Environnement désertique, ainsi que le ministère en charge de la Prospection.

La réduction a touché également le Secrétariat d'Etat en charge du Commerce extérieur ainsi que celui en charge de l'Industrie cinématographique et de la Production culturelle.


- Retour de quelques figures de l'ère Bouteflika

Le remaniement ministériel partiel a été marqué par le retour sur la scène politique de deux personnalités considérées comme proche de l'époque de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika.

L'ancien conseiller de Bouteflika, Mohamed Ali Boughazi (d'obédience islamique) a été nommé au poste de ministre du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Action familiale, en succession à Mohamed Hamidou.

Boughazi avait occupé le poste de conseiller de Bouteflika, plusieurs années durant, et a été connu par le grand public comme le lecteur attitré des messages du président déchu au cours de la période de sa maladie, soit de 2013 jusqu’à sa démission en date du 2 avril 2019.

De même, Dalila Boudjemaa occupe, désormais, le portefeuille de l'Environnement en remplacement de Nacera Ben Harrath, succédant ainsi au même poste qu'elle occupait pendant plusieurs années de l'ère Bouteflika.


*Traduit de l’Arabe par Hatem Kattou

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