Türkiye : le navire de forage Cagri Bey envoyé en Somalie pour sa première mission
- Le ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, a annoncé que le navire de forage Cagri Bey atteindra en avril le point de puits baptisé « Curad-1 » et y entamera des opérations de forage en eau profonde
Mersin
AA / Mersin
Le ministre Bayraktar a participé à la cérémonie organisée au large de l’embarcadère d’Agalar, dans le port de Tasucu, district de Silifke (province de Mersin), pour le départ du navire vers la Somalie, sa première zone de mission.
Avant le programme, le ministre somalien du Pétrole et des Ressources minières, Dahir Shire Mohamed, ainsi que le ministre somalien des Ports et du Transport maritime, Abdulkadir Muhammed Nur, ont visité le navire avec Bayraktar et reçu un briefing des responsables.
Dans son discours lors de la cérémonie, Bayraktar a déclaré : « Aujourd’hui, nous sommes témoins d’un moment historique pour l’exploration pétrolière et gazière de notre pays. Pour la première fois, notre navire de forage en haute mer part en mission en dehors de la “Patrie bleue”. Nous accompagnons le départ du Cagri Bey, récemment intégré à notre flotte, depuis le port de Tasucu à Mersin vers la Somalie. »
Il a rappelé que le président Recep Tayyip Erdogan avait effectué en 2011 une visite en Somalie à la suite d’une grave sécheresse afin de manifester la solidarité de la Türkiye, ajoutant que cette initiative avait suscité une mobilisation internationale. « En tant que Türkiye, nous avons mis en œuvre de nombreux projets visant à contribuer à la stabilité de la Somalie et au bien-être de son peuple frère », a-t-il dit.
- Projets en mer au large de la Somalie
Bayraktar a souligné que la Somalie est devenue ces dernières années un partenaire stratégique important pour la Türkiye et que la coopération énergétique constitue l’un des piliers essentiels de ce partenariat.
Il a rappelé que les deux pays avaient signé le 7 mars 2024 un accord intergouvernemental et un protocole d’accord visant à développer la coopération dans les blocs terrestres et offshore somaliens dans le domaine du pétrole et du gaz naturel. En juillet de la même année, des accords de partage de production ont été conclus pour trois blocs en mer somalienne. « Le projet d’exploration pétrolière et gazière offshore en Somalie, l’un de nos travaux les plus importants en 2024, est désormais passé du cadre juridique à sa mise en œuvre concrète », a-t-il déclaré.
Évoquant le départ du navire sismique Oruc Reis vers la Somalie le 5 octobre 2024, il a indiqué que celui-ci avait mené des études sismiques dans trois zones maritimes sous licence et achevé avec succès sa première mission intercontinentale, revenant en juillet après environ neuf mois d’activité.
- “Les préparatifs opérationnels du Yildirim se poursuivent”
Le ministre a précisé que deux nouveaux navires avaient été intégrés à la flotte énergétique en 2025 afin d’accroître la production offshore et de soutenir de nouvelles opérations. Qualifiés de navires de forage de septième génération en ultra-haute mer, ils mesurent 228 mètres de long, 42 mètres de large et 114 mètres de haut, et peuvent forer jusqu’à 12 000 mètres de profondeur.
Avec l’ajout des navires Cagri Bey et Yildirim, le nombre total de navires de forage turcs s’élève désormais à six. « Avec nos navires sismiques Oruc Reis et Barbaros Hayrettin Pasa, la Türkiye se positionne au quatrième rang mondial des flottes d’exploration en mer », a-t-il déclaré.
Bayraktar a rappelé que le Yildirim avait franchi les détroits le 26 janvier pour accoster au port de Filyos et que ses préparatifs opérationnels se poursuivaient. Une fois ces travaux achevés, le navire participera aux activités d’exploration et de production en mer Noire dès avril.
Le Cagri Bey devrait atteindre le port de Mogadiscio au terme de 45 jours de navigation. « En avril, il rejoindra le point de puits baptisé Curad-1, un nom donné en somali aux nouveau-nés, et entamera les opérations de forage en eau profonde », a ajouté le ministre.
Il a estimé que cette opération intercontinentale marque l’entrée dans une nouvelle phase pour la politique énergétique nationale, engagée depuis 2016 vers un objectif d’exploration en mer avec des navires et des équipages nationaux, désormais étendue aux opérations à l’étranger.
Poursuivant, il a indiqué que, dans le cadre d’accords avec le Pakistan, des études sismiques seraient menées cette année dans les zones maritimes pakistanaises, notamment avec les navires Oruc Reis ou Barbaros Hayrettin Pasa. En Libye, la Türkiye évalue également des opportunités de coopération, en tant qu’opérateur ou partenaire, sur de nouveaux blocs et projets existants. La compagnie publique Türkiye Petrolleri a obtenu récemment des droits d’exploration sur deux zones, l’une offshore et l’autre terrestre, en partenariat avec l’espagnol Repsol, chaque partie détenant 40 % des projets.
Le ministre a indiqué que depuis le début de l’année, des accords stratégiques avaient été signés avec ExxonMobil le 8 janvier, Chevron le 5 février et BP la semaine précédente. Un nouvel accord avec une entreprise internationale pour une coopération offshore à l’étranger est également attendu.
La Türkiye vise une production d’environ 500 000 barils de pétrole et de gaz naturel par jour d’ici 2028 via Türkiye Petrolleri, avec l’objectif d’atteindre à terme une capacité d’un million de barils par jour.
« Je suis convaincu que le Cagri Bey portera les relations entre la Somalie et la Türkiye à un niveau supérieur », a conclu Bayraktar, remerciant le président Erdogan et le président somalien Hassan Sheikh Mohamud, ainsi que les équipages et les forces navales turques assurant la sécurité du navire.
La cérémonie s’est tenue en présence du gouverneur de Mersin, Atilla Toros, de députés de la province et de responsables militaires. Après la photo commémorative, le navire a pris la mer en direction de la Somalie.
- Le voyage du Cagri Bey vers la Somalie
Long de 228 mètres, large de 42 mètres et haut de 114 mètres, le Cagri Bey peut forer jusqu’à 12 000 mètres de profondeur.
En raison de la hauteur de sa tour de forage, il ne pourra pas transiter par le canal de Suez. Il traversera l’ensemble de la Méditerranée, passera par le détroit de Gibraltar pour rejoindre l’océan Atlantique, longera les côtes d’Afrique de l’Ouest, contournera le cap de Bonne-Espérance avant de rallier la Somalie.
Le navire sera escorté par des bâtiments de la marine turque, dont le TCG Sancaktar, le TCG Gokova et le TCG Bafra. Des navires de soutien de la flotte énergétique, Altan, Korkut et Sancar, assureront également la continuité et la sécurité des opérations de forage.
* Traduit du tur par Serap Dogansoy
