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Tunisie : le secrétaire général de l’UGTT Noureddine Taboubi présente sa démission

- Selon l'agence officielle citant le porte-parole de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), Sami Tahri, sans préciser les raisons de cette décision

Adel Bin Ibrahim Bin Elhady Elthabti  | 24.12.2025 - Mıse À Jour : 24.12.2025
Tunisie : le secrétaire général de l’UGTT Noureddine Taboubi présente sa démission

Tunisia

AA / Tunis / Adel Elthabti

Le porte-parole de l’Union générale tunisienne du travail, Sami Tahri, a annoncé mardi que le secrétaire général de l’UGTT, Noureddine Taboubi, avait présenté sa démission, sans en préciser les motifs.

L’Agence de presse tunisienne officielle a cité Tahri déclarant que « le secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail, Noureddine Taboubi, a présenté sa démission mardi. »

Tahri a précisé que « Taboubi a déposé ce matin (mardi) sa démission auprès du bureau d’enregistrement (au siège de l’UGTT), laquelle a été reçue par le secrétaire général adjoint chargé du règlement intérieur », sans fournir de détails sur les motivations de cette décision.

Il a précisé que « la démission ne prend pas effet immédiatement, le règlement intérieur de l’Union prévoyant la convocation de l’intéressé dans un délai de 15 jours afin de s’enquérir des raisons de sa démission et de tenter de l’en dissuader ; elle devient effective s’il maintient sa décision ».

Il a également indiqué que « plusieurs réunions se tiendront dans les prochains jours au sein des structures syndicales afin d’examiner les étapes à venir, à la lumière des développements récents ».

« Des informations avaient circulé récemment concernant la démission du secrétaire général adjoint de l’Union, chargé du département des études, Anouar Ben Kaddour », affirme l'agence, en détaillant que « Tahri a démenti ces informations, affirmant que le secrétaire général adjoint chargé du règlement intérieur n’avait reçu aucune démission à ce sujet ».

Alors que Tahri n’a pas précisé les raisons et motivations de la démission, l’Agence de presse tunisienne a indiqué que « la démission de Taboubi intervient dans un contexte délicat pour l’organisation syndicale, en raison de divergences au sein du bureau exécutif concernant la date et les modalités de tenue du prochain congrès, initialement prévu pour début 2026, ce qui a accentué les tensions internes ces dernières semaines ».

- Une grève générale dans un contexte de crise politique

Il y a quelques jours, l’UGTT a décidé d’une grève générale le 21 janvier prochain, « pour la défense des droits et des libertés, en particulier le droit syndical et le droit à la négociation en vue d’augmentations salariales, ainsi que l’acquis du dialogue social ».

Ces derniers mois, la Tunisie connaît une montée des tensions entre l’UGTT et les autorités, marquée par des accusations mutuelles d’incitation et d’escalade, des manifestations de protestation et des grèves sectorielles liées à diverses revendications, notamment l’augmentation des salaires, l’élargissement des libertés publiques et la résolution des problèmes de pollution industrielle.

Face aux revendications syndicales, les autorités soulignent à plusieurs reprises leur attachement au respect de la Constitution et des normes internationales relatives aux libertés publiques, ainsi que leur ouverture au dialogue avec les syndicats dans les limites des capacités de l’État.

Le pays traverse une crise politique depuis que le président Kaïs Saïed a imposé, le 25 juillet 2021, des mesures exceptionnelles incluant la dissolution du Parlement, la promulgation de lois par décrets présidentiels, l’adoption d’une nouvelle Constitution par référendum et l’organisation d’élections législatives anticipées.

Dans un premier temps, l’UGTT avait soutenu les mesures exceptionnelles de Saïed, avant d’exprimer des réserves à leur sujet, après le rejet par ce dernier des appels au dialogue national lancés par l’Union en décembre 2022.

Des forces politiques tunisiennes considèrent ces mesures comme « un coup d’État contre la Constitution et une consolidation d’un pouvoir individuel absolu », tandis que d’autres y voient « une correction du cours de la révolution de 2011 » qui avait renversé le président Zine el-Abidine Ben Ali (1987-2011).

De son côté, Kaïs Saïed affirme que ses mesures sont « des dispositions prises dans le cadre de la Constitution pour protéger l’État d’un danger imminent », assurant qu’elles ne portent pas atteinte aux libertés et aux droits.

* Traduit de l'arabe par Mariem Njeh

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