Afrique

Tunisie: le directeur général des services spéciaux au ministère de l’Intérieur, révoqué

-Selon la radio privée locale « Mosaïque FM », qui a confirmé la nomination de Mohamed Cherif à ce poste, alors qu’aucun communiqué n’a été émis dans l'immédiat par les autorités tunisiennes à cet effet.

Mohammed Yahya Ahmad Mohammed   | 29.07.2021
Tunisie: le directeur général des services spéciaux au ministère de l’Intérieur, révoqué

Tunisia

AA/Tunis

Les médias tunisiens ont rapporté, jeudi, qu'il a été décidé de relever de ses fonctions le directeur général des services spéciaux (renseignements) au ministère de l'Intérieur, Lazhar Loungo, et la nomination de Mohamed Cherif à ce poste.

La radio « Mosaïque FM » a fait savoir, citant des « sources bien informées », qu'« il a été décidé de démettre Lazhar Loungo de ses fonctions et de charger Mohamed Cherif, directeur des renseignements généraux, d’assurer l’intérim au poste de directeur général des services spéciaux au ministère de l'Intérieur, à la place de Loungo ».

Aucun communiqué n'a été publié par les autorités officielles tunisiennes au sujet de cette décision jusqu'à 18h15 (GMT).

Kaïs Saïed, avait annoncé, dans la soirée du dimanche, au cours d’une réunion d’urgence avec de hauts responsables militaires et sécuritaires, le limogeage du Chef du gouvernement Hichem Mechichi et le gel des pouvoirs du Parlement. Il a également fait savoir qu'il assumera le pouvoir exécutif, avec l’aide d'un gouvernement qui sera dirigé par un nouveau chef désigné par lui, et ce, pour une durée de 30 jours. Le locataire de Carthage a en outre annoncé qu’il présidera le ministère public, ainsi que la levée de l’immunité parlementaire de tous les députés.

Le Président tunisien Kaïs Saïed a démis de leurs fonctions, jusqu'à mercredi soir, 25 hauts responsables, qui occupaient jusque-là des postes au sein des institutions gouvernementales, des ministères régaliens et de l’appareil judiciaire, dont le ministre de la Défense, Ibrahim Bartégi.

Les décisions de Saïed surviennent à la suite des manifestations populaires qui ont eu lieu dans plusieurs gouvernorats du pays, exigeant la démission du gouvernement, dans un contexte de difficultés économiques et sanitaires et d'une crise politique qui dure depuis des mois dans le pays.

Le chef de l'État a déclaré avoir pris ces décisions pour « sauver la Tunisie, l'Etat et le peuple tunisien » et que les mesures d’exception qui en découlent, sont temporaires. Certains partis politiques ont considéré lesdites mesures comme un « coup d’Etat contre la Constitution », tandis que d'autres y ont été favorables, estimant qu'il s'agissait d'une « rectification du processus révolutionnaire ».

En avril dernier, le chef du gouvernement limogé, Hichem Mechichi, avait nommé Lazhar Loungo au poste de directeur général des services spéciaux au ministère de l’Intérieur.

Loungo avait déjà été désigné à la tête de la Direction centrale des renseignements, et avait occupé le poste d'attaché sécuritaire à l'ambassade de Tunisie à Paris.

En janvier dernier, l’ancien ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine, avait relevé Lazhar Loungo de ses fonctions en France, ce qui a provoqué une rupture entre Mechichi et Charfeddine, qui s’est soldée le même jour par la révocation du ministre en question et l'annulation de la décision relative au limogeage de Loungo.


*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail


Seulement une partie des dépêches, que l'Agence Anadolu diffuse à ses abonnés via le Système de Diffusion interne (HAS), est diffusée sur le site de l'AA, de manière résumée. Contactez-nous s'il vous plaît pour vous abonner.