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Tunisie: la centrale syndicale laisse libre choix à ses adhérents de participer au référendum

- Au surlendemain de la publication au Journal officiel de la République tunisienne du projet de la nouvelle Constitution soumis à un vote référendaire le 25 juillet courant

Yosra Ouanes   | 02.07.2022
Tunisie: la centrale syndicale laisse libre choix à ses adhérents de participer au référendum

Tunisia

AA / Tunis / Yousra Ouannes

L'Union générale tunisienne du travail (Ugtt - centrale syndicale) a annoncé, samedi, laisser le libre choix à ses adhérents de participer ou pas au référendum prévu le 25 juillet courant, sur le projet de la nouvelle Constitution.

C'est ce qui ressort d'une allocution prononcée par le secrétaire général de l'Ugtt, Noureddine Taboubi à l’issue de la réunion de la commission administrative de l’Ugtt dans la capitale Tunis.

Taboubi a indiqué que « compte tenu de la diversité qui caractérise l’Ugtt et la famille syndicale, la centrale syndicale a décidé de déléguer à chacun et à ceux qui partagent nos visées, la liberté de choisir et de participer au référendum ou pas ».

« Dans le projet de la nouvelle Constitution, il y a des aspects positifs, s'agissant du chapitre réservé aux droits et aux libertés, qui existait également dans la Constitution de 2014 », a-t-il dit.

Il a ajouté que « la nouvelle Constitution comporte également des lacunes à l'instar de la concentration du pouvoir entre les mains d'une seule personne (en allusion au président Kaïs Saïed) et de l'absence de toute mention du caractère civil de l'État ».

Le projet de la nouvelle Constitution a été publié au Journal officiel de la République tunisienne (JORT) n°74 du 30 juin 2022, sur fond de scissions relatives à la participation ou pas au référendum du 25 juillet courant.

Selon le nouveau projet, composé de 142 articles, le régime de l'Etat tunisien est un régime républicain et le président de la République nomme le chef du gouvernement et ses membres, sur proposition de ce dernier.

De plus, le chef de l'État met fin au mandat du gouvernement ou de tout autre membre, directement ou sur proposition du chef du gouvernement, de même qu'il n'est pas imputable de ses actes effectués dans le cadre de l'accomplissement de ses missions ».

Le président tunisien, Kaïs Saïed, avait publié en mai, un décret portant convocation des électeurs à un référendum sur une nouvelle Constitution le 25 juillet.

Le chef de l’État avait dévoilé en décembre dernier une feuille de route censée sortir le pays de la crise politique, dans laquelle il a annoncé un référendum sur des amendements constitutionnels le 25 juillet 2022, avant des législatives anticipées le 17 décembre, après révision de la loi électorale.

La Tunisie souffre, depuis le 25 juillet dernier, d’une crise politique aiguë, lorsque le président Saïed avait imposé des « mesures d’exception », en limogeant le Chef du gouvernement, en suspendant les activités du Parlement avant de le dissoudre le 30 mars 2022, et en légiférant par voie de décrets.

Plusieurs forces politiques et civiles tunisiennes rejettent ces mesures qu’elles considèrent comme étant un « coup d’Etat contre la Constitution », alors que d’autres forces les considèrent comme étant une « restauration du processus de la révolution de 2011 », qui avait fait chuter l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali (1987-2011).

De son côté, Saïed estime que ses mesures interviennent « dans le cadre de la Constitution pour protéger l'Etat d'un danger imminent », mettant l'accent sur « l'intangibilité des libertés et des droits ».


*Traduit de l’arabe par Hatem Kattou


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