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Tunisie: des partis politiques appellent à tenir en urgence une conférence nationale de salut

-À la suite des décisions prises par le Président Kaïs Saïed, qui ont été rejetées par la majorité des partis, alors que certaines formations politiques les ont considérées comme un « coup d'État contre la Constitution ».

Abdelrahman Fathy Ramadan Mohamed   | 27.07.2021
Tunisie: des partis politiques appellent à tenir en urgence une conférence nationale de salut

Istanbul

AA/Tunis

Trois formations politiques tunisiennes ont appelé lundi la classe politique à préserver les acquis de la révolution de 2011, dont une, avait exhorté le Président Kaïs Saïed à « établir une feuille de route dans le cadre d'une conférence nationale de salut qui se tiendrait en urgence».

C’est ce qui ressort des communiqués distincts des partis « Tahya Tounes », « Afaq Tounes » et « Machrou Tounes », au lendemain de l’annonce faite par le locataire de Carthage Kaïs Saïed de geler les activités du Parlement, de démettre le chef du gouvernement Hichem Mechichi de ses fonctions, et d’assumer lui-même le pouvoir exécutif avec l'aide d'un gouvernement qui sera dirigé par un nouveau chef désigné par le président de la République, et ce, pour une durée de 30 jours.

La majorité des partis tunisiens a rejeté les décisions de Saïed. Si certaines formations politiques les ont considérées comme un « coup d'État contre la Constitution », d'autres ont exprimé leur soutien en faveur desdites décisions.

Par voie de communiqué rendu public lundi, le mouvement « Machrou Tounes » (3 sièges sur 217) a appelé Saïed à « clarifier son programme d'action dans le délai de 30 jours qu'il s'est accordé, en élaborant une feuille de route dans le cadre de l’organisation en urgence d’une conférence nationale de salut ».

« Machrou Tounes » a proposé que cette conférence donne lieu à « l'organisation d'un référendum populaire pour changer le système politique et amender l'ensemble du système électoral ».

Les décisions de Saïed surviennent à la suite des manifestations populaires qui ont eu lieu dans plusieurs gouvernorats exigeant le renversement de l'ensemble du système au pouvoir et pointant du doigt l’échec de l’opposition, au regard des crises politique, économique et sanitaire que traverse le pays.

De son côté, le mouvement « Tahya Tounes » (10 sièges sur 217) a exhorté dans son communiqué la classe politique à « assumer sa responsabilité historique et faire des concessions pour désamorcer les tensions dans le pays et restaurer la confiance de la population pour lancer une opération de sauvetage sur les plans économique, social et sanitaire ».

« Tahya Tounes » a souligné que « la Tunisie ne peut plus supporter de conflits futiles et a besoin des efforts de tout son peuple pour sauver l'édifice républicain ».

« Le peuple tunisien a le droit de bénéficier d'une vie politique transparente et moderne. Il n'y a aucune place pour des tentatives de retour en arrière par rapport aux acquis démocratiques », a souligné le mouvement dans son communiqué.

Pour sa part, le mouvement « Afaq Tounes » (deux sièges sur 217) a exhorté « la Présidence de la République et toutes les forces politiques ainsi que la société civile à se mobiliser pour préserver les acquis de la révolution ».

Il a également appelé à « s'engager dans la réforme et la construction d'une véritable voie démocratique et d'une révolution économique et sociale de manière à répondre aux aspirations des Tunisiens ».

« Les mesures exceptionnelles qui seront annoncées par Kaïs Saïed doivent donner la garantie qu'elles sont conformes à la Constitution (...) et que leur but est de faire respecter l'État de droit, les institutions, le régime républicain, et de rectifier le processus démocratique », a estimé le parti « Afaq Tounes ».

Afaq Tounes a mis également l’accent sur « la nécessité de préserver la paix civile et d’éviter toute forme de violence ».

La Tunisie est considérée comme le seul pays arabe qui a réussi à effectuer une transition démocratique parmi d'autres pays arabes qui ont également connu des révolutions populaires ayant renversé les régimes au pouvoir, notamment en Égypte, en Libye et au Yémen.

Cependant, des personnalités tunisiennes ont accusé à plusieurs reprises les pays arabes, notamment les pays du Golfe, de mener une « contre-révolution » pour faire avorter le processus de transition démocratique en Tunisie, craignant pour le sort de leurs régimes en place.


*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail




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