Tunisie : Aucun fondement juridique à l'emprisonnement des leaders de l'opposition
- Déclarations du chef du Front de Salut National Tunisien Ahmed Nejib Chebbi lors d'une conférence de presse en soutien au leader du mouvement d'opposition Ennahdha, Sayed Ferjani
Tunisia
AA / Tunisie / Adel Thabti
Le leader du Front de Salut National (opposition) en Tunisie, Ahmed Nejib Chebbi, a déclaré que le maintien en prison des leaders politiques de l'opposition, dans le cadre de l'affaire "Instalingo", "est dépourvu de tout fondement juridique".
C'est ce qui ressort de sa participation, lundi, à une conférence de presse en soutien au leader du Mouvement Ennahdha, Sayed Ferjani, qui est emprisonné dans l'affaire dite "Instalingo", une société de création de contenus numériques.
L'affaire "Instalingo" remonte à octobre 2021, lorsque les autorités ont arrêté des employés de la société accusés, entre autres, d'avoir "commis un acte ignoble (grave) à l'encontre du président Kaïs Saïed".
Le président Saïed accuse les détenus de "conspiration contre la sécurité de l'État", tandis qu'Ennahdha et le reste des forces d'opposition nient les accusations portées contre leurs dirigeants et considèrent celles-ci comme de la persécution politique.
"Je ne sais pas quelles sont les motivations juridiques de l'emprisonnement des leaders de l'opposition. Ils sont soumis à une mesure punitive en raison des concertations qu'ils ont eues entre eux en tant que dirigeants de l'opposition", a déclaré Ahmed Nejib Chebbi.
Il a estimé que "le seul tort du leader de l'opposition Ferjani est d'être l'un des leaders historiques du mouvement Ennahdha".
Et de poursuivre : "Personne n'est au-dessus de la loi, mais c'est l'opinion publique qui fait rendre des comptes aux mouvements politiques lorsqu'ils commettent des erreurs, et ce à travers les urnes (élections), et non pas leurs adversaires politiques, ni le pouvoir judiciaire".
Dans ce contexte, Chebbi a souligné que tout appel à "éradiquer le mouvement Ennahdha et à mettre ses dirigeants en prison ne contribue pas à instaurer la stabilité".
Selon Chebbi, le chef du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, est sanctionné pour avoir déclaré : "L'éradication, qu'elle concerne les gauchistes ou les islamistes, est une incitation à la discorde et aux troubles civils. Éloignons-nous en et allons vers une coexistence pacifique dans le cadre de la liberté et de l'État de droit".
Il a également indiqué que l'emprisonnement de l'ancien Premier ministre Ali Larayedh intervenait sur fond d'accusation dans le dossier de facilitation des départs (de combattants vers la Syrie), alors qu'il était ministre de l'Intérieur en 2012, malgré la publication de décisions qui contredisent ces accusations, et "qui réfutent tout ce qui le place sous le coup de la loi."
"Larayedh est celui qui a empêché les moins de trente ans de voyager à l'étranger, et il a classé Ansar al-Sharia (Groupe affilié à Al-Qaïda) comme organisation terroriste (en août 2013)", a expliqué Chebbi.
En décembre dernier, la justice tunisienne a arrêté Larayedh après une enquête sur une affaire liée à l'"envoi de djihadistes" tunisiens vers les foyers de tension en Syrie et en Irak.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj
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