Esma Ben Said
19 Septembre 2017•Mise à jour: 19 Septembre 2017
AA/Lomé/Alphonse Logo
Le Togo organisera dans les prochains mois un référendum pour valider, ou non, le projet de révision constitutionnelle introduit par le gouvernement togolais et qui a échoué, mardi à recueillir la majorité des votes au Parlement, a appris Anadolu de source officielle.
Le vote favorable par les députés ce mardi, lors de la plénière de l’Assemblée, n'a pas suffit pour entériner la modification du gouvernement. L’opposition ayant décidé de boycotter le scrutin, le texte a, de facto, été renvoyé à un vote par référendum.
« Le vote par les députés a 62 voix pour, 0 contre et 1 abstention, ouvre donc la voix au gouvernement pour poursuivre conformément aux dispositions de l’article 144 de la constitution du 14 octobre 1992, le processus de réforme par l’organisation dans les prochains mois d’un référendum consacré aux dites réformes », a annoncé lors de la plénière, le commissaire du gouvernement togolais aux travaux, Payadowa Boukpessi, ministre de l'administration territoriale.
63 députés dont 62 du parti UNIR au pouvoir, sur 91 ont répondu a la convocation du président de l’assemblée Dama Dramani pour cette plénière.
Face au blocage dû au manque de consensus entre les députés du parti au pouvoir et de l’opposition togolaise, le total des 4/5 des députés nécessaires (soit 73 députés) pour acter cette modification de la Constitution selon la volonté du gouvernement togolais, n'a pas été atteint.
Le gouvernement togolais, sur pression populaire, a proposé au parlement togolais une modification de la Constitution togolaise en ses articles 52, 59 et 60 pour y introduire la limitation des mandats présidentiels, législatifs et sénatoriaux à 5 ans renouvelable une seule fois et un mode de scrutin à deux tours.
« Aujourd’hui nous pensons qu’il y a une ouverture qui est faite pour permettre au peuple togolais de se prononcer. Donc la parole va être donnée au peuple et nous verrons ce que le peuple dira lors du référendum » a déclaré face à la presse Christophe Tchao, président du groupe parlementaire UNIR (parti au pouvoir) à la sortie de la plénière de mardi.
Le vote s’est toutefois déroulé en l’absence des députés de l’opposition togolaise qui ont passé la journée à préparer les manifestations de mercredi et jeudi sur toute l’étendue du territoire togolais, à travers notamment des réunions avec les leaders de l’opposition.
Patrick Lawson, députés de l’ANC, Alliance Nationale pour le changement (opposition) contacté par Anadolu a qualifié de «pièce de théatre ce qui s’est passé à l’Assemblée ». il a aussi indiqué que l’opposition n’a pas peur du référendum.
« La question qui se posera est dans quelle condition ce référendum va-t-il être organisé ? » s’est il interrogé en déclarant que la CENI (Commission électorale) et la Cour constitutionnelle sont « sous le contrôle du pouvoir ».