Lassaad Ben Ahmed
15 Novembre 2017•Mise à jour: 15 Novembre 2017
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
Albert Kan Daapah, ministre ghanéen de la Sécurité, dépêché à Lomé par le président Nana Addo-Akufo, a entamé mardi des consultations avec les parties prenantes de la crise politique togolaise, en vue de définir quand, comment et où doit se tenir le dialogue annoncé par le gouvernement togolais, a constaté le correspondant d’Anadolu à Lomé.
Depuis quelques semaines, le président ghanéen multiplie les consultations de coulisses pour tenter de ramener le calme au Togo, pays frontalier où plusieurs centaines citoyens ont fui, depuis le début de la crise, le 19 août, pour se réfugier au Ghana.
Plusieurs noms avaient été cités, puis récusés, par telle ou telle autre partie en conflit en vue de mener une médiation. Mais le président ghanéen semble faire l'objet d'un consensus pour intervenir et rapprocher les point de vues.
«Le président du Ghana, avec la mission qui lui a été confiée par ses pairs de la sous-région ouest-africaine avait engagé des discussions avec les deux parties. Certaines de ces discussions ont eu lieu à Accra, il y a quelques jours.», a indiqué Albert Kan Daapah à la presse au sortir d’une rencontre avec une délégation des 14 partis de l’opposition togolaise conduite par Jean Pierre Fabre, le chef de file.
«Nous avons eu, aussi, des discussions avec le gouvernement, ici à Lomé, à deux ou trois occasions. Nous croyons que c’est le bon moment pour instruire un dialogue entre les deux parties, le pouvoir et l’opposition», a-t-il ajouté.
En effet, l’émissaire de Nana Addo Akufo a eu, durant deux heures, des échanges avec l’opposition togolaise dans le luxueux hôtel togolais du 2 février sur les préalables au dialogue auquel sont appelés les Togolais, en vue d’un rapprochement des positions.
Cette rencontre a eu lieu juste après l’audience avec Faure Gnassingbé, chef d’Etat togolais, au nouveau palais de la République.
«Depuis le matin nous sommes en train de parler du cadre même de ce dialogue, comment peut-il être organisé et de quelle manière peut-il être possible. Nous venons de discuter avec une délégation de l’opposition. Nous nous entretiendrons, aussi, avec le parti au pouvoir et à la fin de la journée nous serons en mesure de dire quand, où et comment ce dialogue aura lieu», a expliqué Kan Daapah.
L’opposition a saisi l’occasion de ces préliminaires pour poser ces exigences, en attendant la réaction du gouvernement.
«On a discuté principalement des préliminaires d’un dialogue. Et nous avons essayé de voir ce que peut être le cadre de ce dialogue. Et Nous avons fait des propositions que le ministre ghanéen ira présenter au pouvoir et on verra la suite», a déclaré Jean Pierre Fabre, au terme d’une rencontre avec Albert Kan Daapah, ministre de la Sécurité du Ghana.
L’opposition togolaise, bien que prête au dialogue, avait déjà fait remarquer qu’elle continuera de manifester jusqu’au départ de Faure Gnassingbé.
Jean Pierre Fabre avait déclaré en fin de semaine, qu’il ne discutera pas avec le pouvoir, tant que ces militants et d’autres acteurs de l’opposition sont en prison.
Sans doute, tous ces éléments, que l’opposition togolaise qualifie de «mesures d’apaisement préalables», font partie des propositions présentées, mardi, au ministre de la sécurité ghanéenne.
De nouvelles manifestations sont prévues dans le pays jeudi, vendredi et samedi pour «exiger le départ de Faure Gnassingbé du pouvoir au Togo».