Lassaad Ben Ahmed
15 Novembre 2017•Mise à jour: 15 Novembre 2017
AA /Cameroun /Aurore Bonny
Après avoir boycotté la session parlementaire ouverte, mardi, le Social Democratic Front (SDF), principal parti d’opposition au Cameroun évoque la mauvaise gestion de la crise anglophone comme raison de leur absence, fait savoir un communiqué parvenu à Anadolu.
La cérémonie d’ouverture du parlement pour l’adoption de la loi de finance 2018 s’est déroulée en l’absence des 18 députés du SDF. Lesquels n’ont pas tardé de se justifier plus tard, dans un communiqué.
«Au vu de l’impuissance du parlement pour ce qui est de la crise anglophone, les groupes parlementaires SDF des deux chambres ont décidé de suspendre leur participation aux séances respectives d’ouverture des deux chambres», explique la note du SDF.
Les 18 députés du parti d’opposition pointent du doigt la faiblesse du parlement face à la crise anglophone et dénoncent le manque d’initiative de sa part, depuis plus d’un an, pour résoudre cette crise sociale. Toute allusion au problème anglophone étant exclue.
Le SDF refuse que cette 4ème session parlementaire se déroule «dans l’indifférence totale de la crise anglophone», comme c’est le cas depuis le début.
Dans sa sortie du jour, le parti d’opposition n’a pas manqué d’énumérer les différentes caractéristiques du «calvaire» qui mine les zones anglophones du pays.
Il s’agit notamment d’«un appareil judiciaire, éducatif et des activités économiques inopérants», d’«un Etat de droit au bord du gouffre», d'atteintes «excessives aux droits de l’homme», de l’exil des populations anglophones dans les forêts, et au Nigéria, mais aussi de la suspension injustifiée de la connexion internet dans ces régions du pays.
Ce, sans oublier l’incarcération injustifiée et le jugement en langue française de certains citoyens anglophones.
Par ailleurs, le communiqué du SDF justifie les récents assassinats des agents de forces de l’ordre, par les «tueries en masse injustifiées des civils innocents et non-armés».
Le Social Démocratic Front accuse aussi le gouvernement camerounais d’agir avec «brutalité», en encourageant ses fonctionnaires à «traiter les Camerounais anglophones des terroriste à abattre».
Le SDF reproche également au pouvoir d’accorder l’organisation des manifestations publiques au Rassemblement du peuple démocratique camerounais(RDPC), parti au pouvoir tout en refusant ce droit aux partis de l’opposition.
Qualifiant toutes ces attitudes «d’inacceptables », le principal parti d’opposition camerounais prévient de ne pas participer aux sessions parlementaires « si des mesures adéquates ne sont pas prises », précisément, l’engagement d’«un débat inscrit et ouvert au parlement sur la crise anglophone».
Le message du SDF rendu public mardi, note également que depuis plus de 20 ans, le Cameroun «a été beaucoup plus un Etat unitaire centralisé qu’un Etat décentralisé, géré plutôt par des hommes forts au lieu d’institutions fortes.»