Lassaad Ben Ahmed
01 Octobre 2018•Mise à jour: 01 Octobre 2018
AA / Lomé / Alphonse Logo
Le recensement des électeurs en vue de créer un nouveau fichier électoral dans la perspective des législatives du 20 décembre prochain, démarre lundi dans une première zone composée de 13 préfectures, soit 21 circonscriptions électorales.
Ce recensement intervient sur fond d’appel au boycott par la coalition des 14 partis de l’opposition togolaise (C14), principal vis-à-vis du gouvernement togolais dans la recherche de solution sous l’égide de la Communauté des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao).
Le pays est en crise politique, en effet, depuis le 19 août 2017.
Ainsi, au moment où le porte-parole du gouvernement Gilbert Bawara a multiplié, le weekend, ses interventions sur les médias pour appeler à une mobilisation massive, l’opposition s’est déployée à distribuer des tracts et à diffuser des messages audiovisuels appelant au boycott de l'opération. « N’y participez pas », lit-on dans ces messages.
La coalition considère que le recensement électoral qui démarre ce 1er octobre, organisé par le pouvoir et l’actuelle Commission électorale nationale indépendante (Ceni), est «frauduleux. Par conséquent, n’y participez pas!».
« La vrai Ceni comportant les membres de l’opposition n’est pas encore en place. Et quand elle le sera, elle devra définir son propre chronogramme. Donc le chronogramme actuel ne peut pas continuer à être appliqué », explique Brigitte Kafui Adjamagbo Johnson dans une vidéo officielle de la C14 émise sur les réseaux sociaux.
« Ensuite nous ne sommes pas encore présents dans les Celi, Commission électorale locale indépendante, et nos représentants ne sont pas encore dans les CLC, Commissions listes et Cartes», explique-t-elle.
Elle affirme par ailleurs que les Kits du recensement électoral sont conditionnés par « des professionnels en Fraude en l’absence de l’opposition et ce recensement ne tient pas compte de la diaspora», contrairement à la feuille de route de sortie de crise de la Cedeao, qui « demande la participation de la diaspora togolaise aux prochaines élections nationales ».
En conséquence, appelle le tract, « ne participez pas à une mascarade de recensement électoral le 1er octobre ».
« Quand toutes les conditions seront remplies pour un vrai recensement biométrique intégral, permettant la vérification formelle du porteur de la carte au moment du vote, nous vous informerons », ajoute la C14.
Mais le gouvernement prévient qu’il n’y aura pas de session de rattrapage après ce recensement.
« C’est encore mieux de s’inscrire, d’avoir sa carte d’électeur et décider de voter ou non le jour suivant », a affirmé devant la presse, vendredi, Gilbert Bawara porte-parole du gouvernement accusant la coalition de l’opposition de vouloir « systématiquement bloquer le processus électoral en cours ».
« Ils n’y arriveront pas. Le recensement électoral aura bel et bien lieu et toutes les dispositions sont prises pour assurer sa sécurisation. Les délais légaux seront tenus et le 20 décembre, les législatives auront lieu avec ou sans les partis de l’opposition », a martelé, par ailleurs, Bawara.
C’est donc dans cette ambiance de division que démarre le recensement électoral.
D'après le calendrier de la Ceni, cette opération doit durer huit jours pour la première zone, ensuite, dix jours pour la deuxième zone, à laquelle appartient la capitale togolaise, Lomé.