Lassaad Ben Ahmed
30 Juin 2019•Mise à jour: 01 Juillet 2019
AA / Lomé / Alphonse Logo
Plus de 3,4 millions de Togolais sont appelés aux urnes, dimanche, pour élire 1527 conseillers municipaux, après 32 ans de rupture.
Pour ce scrutin, dont le déroulement s’étale sur tout le territoire, à l’exception de deux communes, 8500 bureaux de vote ont ouvert ce matin entre 7h et 7h30 et le cote se poursuivra jusqu’à 16h TU.
115 communes sur 117 connaissent actuellement et timidement les opérations de vote, a constaté le correspondant d'Anadolu.
Les deux communes dont le vote n’est pas possible depuis ce matin sont les communes AVE 2 dans le sud et Bassar 4 dans le nord, faute de «bulletin de vote», explique à Anadolu Ouro Bossi Tchacondo, membre de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).
« Dans AVE 2, il y a un candidat recalé par la Cour suprême dont la photo se retrouve sur le bulletin de vote ; pire, devant le logo d’un autre candidat. La Ceni a fait la correction mais les bulletins, étant édités en dehors du pays, on n’a pas pu les avoir avant l’ouverture des bureaux de vote ce matin. La même situation s’est présentée dans le nord à Bassar », a expliqué Ouro Bossi Tchacondo affirmant que le vote doit être reprogrammé dans ces communes dans un délai d’un mois au plus.
43 bureaux de vote dans la commune de l’AVE 2 et 34 dans la commune de Bassar 4 sont concernés par cette situation, et la Ceni, dans un communiqué, a tenu à rassurer les populations de ces milieux, les candidats et autres des dispositions en cours pour le rattrapage du vote pour l’élection de leurs conseillers municipaux.
Le vote se déroule normalement, mais l’affluence n’est pas grande dans les quelques centres de vote visités par le correspondant Anadolu à Lomé, la capitale.
« Les gens vont venir. Vous savez, aujourd’hui c’est dimanche, jour du seigneur. Généralement les gens vont aux cultes, célébrations eucharistiques et autres et ne viennent en grand nombre qu’à la mi-journée pour exercer leur droit de vote », rassure Issa Moumouni, un président de bureau de vote interrogé dimanche matin dans un centre de vote du golfe 3.
Depuis samedi soir, les frontières terrestres du pays sont fermées en vue du bon déroulement des municipales.
Le vote se déroule sous la supervision de la Ceni et des observateurs locaux, même si nous n’en avons pas encore rencontré ce matin. La CENI confirme avoir donné des accréditations dans ce sens. Mais la conférence épiscopale du Togo qui a prévu de déployer 3000 observateurs sur le terrain pour superviser le déroulement de ce vote en a été interdite.
Dans une lettre signée de Payadowa Boukpessi, ministre de l’Administration territoriale, de la décentralisation et des collectivités locales, adressée à la conférence épiscopale, le gouvernement togolais dit avoir des doutes sérieux sur les sources de financement d’un tel déploiement.
La commission Justice et paix qui pilote le projet a réagi, dimanche matin, et promet d’utiliser toutes les voies légales pour donner une suite à cette mesure injuste prise à son encontre.