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30 Juin 2019•Mise à jour: 01 Juillet 2019
AA / Genève / Peter Kum
Une manifestations contre le présence du président camerounais Paul Biya à Genève a été dispersée par la police à coups de canon à eau et de gaz lacrymogène, a-t-on constaté sur place.
De nombreux policiers suisses équipés d’un arsenal anti-émeute, avaient pris place, samedi, autour du siège européen des Nations Unies à Genève et à proximité de l'hôtel où séjourne actuellement le président camerounais, avant la manifestation des activistes anti-Biya.
Des heurts en ont éclaté entre les pro-Biya et ses opposants lors de la manifestation de samedi.
« Nous avons programmé la marche samedi pour protester contre le gaspillage des ressources de notre pays par monsieur Biya et sa famille ici à Genève. Nous demandons son retour au pays. De nombreux Camerounais meurent de famine et Biya dort dans l’un des plus luxueux hôtels au monde. C’est inacceptable », a souligné à Anadolu, Brice Nitcheu, activiste camerounais de la diaspora, rencontré sur place.
« Ceux qui soutiennent Biya ont aussi organisé une manifestation autour de l’hôtel et c’est là où il y a eu des heurts entre nous. Les anti-Biya étaient plus nombreux car nous avons mobilisé les Camerounais dans tous les pays de l’Europe et nos frères des autres pays africains », explique l’activiste Darling Nguedeu.
« La police suisse a sorti les canons à eau et fait usage de gaz lacrymogènes pour nous disperser. Je pense que notre manifestation a été une réussite car nous avons fait entendre notre voix. La presse internationale a largement couvert la manifestation », se félicite l’activiste Brice Nitcheu.
« Pour éviter des débordements, nous avons fermé les routes entre la Place des Nations et l'hôtel Intercontinental et nous avons renforcé les effectifs de la police dans ces lieux », a indiqué à Anadolu le porte-parole de la police genevoise, Sylvain Guillaume-Gentil.
« La police a dispersé les manifestants qui étaient environs 250 et certains d’entre eux ont été incommodées à cause de la chaleur, mais personne n'a été hospitalisé », a-t-il ajouté.
Sylvain indique qu’en fin d'après-midi, le calme était revenu autour de l’hôtel.
Pour rappel, depuis près d’un an, le président Paul Biya n’est pas sorti du Cameroun pour ses habituels « séjours privés » en Europe.
Certains observateurs estiment que c’est la menace de ses opposants en Suisse qui l’avait cloué à Yaoundé.