Lassaad Ben Ahmed
30 Juin 2019•Mise à jour: 01 Juillet 2019
AA / Bujumbura / Yvan Rukundo
Les contributions aux élections de 2020 sont désormais suspendues, a annoncé, dimanche, le président de la République du Burundi, Pierre Nkurunziza.
S’adressant à la Nation à la veille de la célébration du 57ème anniversaire de l’Indépendance du Burundi, il a déclaré, sans préciser le montant, que la somme déjà collectée est suffisante pour le bon déroulement des élections de 2020.
Néanmoins, a-t-il nuancé, ‘’ceux qui le veulent peuvent continuer à contribuer de façon volontaire’’.
Pour rappel, après plusieurs années sous la colonisation Belge après le départ des Allemands, le Burundi a accédé à son indépendance le 1er juillet 1962, et ce, après l’assassinat le 13 octobre 1961, du Prince Louis Rwagasore, le héros de l’indépendance.
En conflit avec ses anciens bailleurs de fonds tels que l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis, le pouvoir de Bujumbura, avançant des raisons de ‘’souveraineté ‘’, avait ordonné, vers la fin de 2017, aux Burundais de participer financièrement aux élections de 2020 sous la forme de ‘’contribution volontaire’’.
Une décision qui a été contestée, surtout, par les fonctionnaires de l’Etat, dont la part de contribution était retenue à la source.
Par ailleurs, les deux confédérations syndicales du pays, à savoir, la Confédération des syndicats du Burundi (COSYBU) et la Confédération des syndicats libres du Burundi (CBS) avaient, dans leur lettre du 8 janvier 2019, appelé à l’ouverture d’un dialogue avec le gouvernement sur les contributions volontaires aux élections 2020.
Côté population, des lamentations faisaient état de forcing dans la collecte de cette contribution. Chaque ménage étant contraint à contribuer par environs 1.5 dollar, tandis qu’un élève devait verser 0.5 dollar.
Ce discours à la Nation intervient 48 heures après la publication du calendrier électoral pour les échéances de 2020 qui fixe la présidentielle et les législatives au 20 mai.
Au pouvoir depuis 2005, le président Nkurunziza a déjà annoncé qu’il ne sera pas candidat pour les prochaines échéances.
Son 3ème mandat contesté et jugé illégal par l’opposition, la société civile et une partie de son propre camp (les frondeurs), a plongé le pays, depuis avril 2015, dans une profonde crise politique et sécuritaire.