Lassaad Ben Ahmed
13 mars 2018•Mise à jour: 14 mars 2018
AA / N’Djamena / Mahamat Ramadane
Les partis politiques de l’opposition qui ont appelé à une ville morte, lundi au Tchad, sur l’ensemble du territoire se disent satisfaites du bilan de la journée même si dans certaines villes des commerçants ont été contraints de rouvrir dans l’après-midi, suite à des intimidations.
«Globalement, nous estimons que la journée ville morte de ce lundi 12 mars 2018 a été observée à 60% par les Tchadiens», a indiqué à Anadolu, Mahamat Ahmat Alhabo, président du Parti pour la liberté et le développement, un parti de l’opposition.
. Les populations ont eu l’occasion d’exprimer leur ras-le-bol contre la politique antisociale du gouvernement, a-t-il souligné.
«Dans la capitale, même si certaines sociétés de transport ont été contraints par les autorités à travailler, les boutiques, les supermarchés, les écoles privées, les cliniques sont restés fermés jusqu’à midi», a-t-il affirmé
Il considère, par ailleurs, que la situation économique que traverse le Tchad est dramatique.
«Les écoles publiques sont fermées, les structures sanitaires publiques ne fonctionnent plus, les travailleurs de la fonction publique sont en grève depuis plusieurs semaines, les Tchadiens meurent tous les jours faute de service public de base», a-t-il déploré.
Il a pointé au passage ce qu'il a qualifié "d'indifférence du pouvoir" à chercher des solutions à cette crise sociale.
Pour la majorité présidentielle, l’opposition veut s’accaparer de la crise sociale que traverse le pays, pour déstabiliser les institutions de l’Etat.
Elle estime que cette journée de «ville morte» initiée par l’opposition ne fait qu’accentuer la souffrance des populations, déjà affaiblie par la crise économique et financière.
«L’opposition ne se soucie pas de la souffrance des populations», a indiqué à Anadolu, le ministre tchadien de la Fonction publique, du travail et du dialogue social, Mahamat Moctar Ali.
Avec cette journée ville morte, a-t-il expliqué, «les partis de l’opposition veulent juste s’accaparer de la crise sociale et de la lutte syndicale pour semer des troubles dans les institutions de l’Etat. Ils ont échoué et l’histoire leur a donné tort parce que les populations ont compris leur manège politique».
Le ministre a affirmé que les marchés ont travaillé, les commerçants ont vaqué à leurs occupations journalières, les services publics ont fonctionné normalement comme d’habitude, rien n’a indiqué que cette journée de lundi 12 mars 2018 a été une journée des villes mortes.
L’appel à ce mouvement ne se résume qu’aux initiateurs, a-t-il considéré.
Pour rappel, plusieurs partis politiques de l’opposition ont appelé à une ville morte, lundi 12 mars 2018 pour protester contre l’inertie du gouvernement à trouver des solutions à la crise sociale que traverse le pays.
Par ailleurs, la grève générale et illimitée des travailleurs de la fonction publique se poursuit depuis six semaines.