Nadia Chahed
13 Février 2021•Mise à jour: 13 Février 2021
AA/Peter Kum
Mahamat Nour Ahmed Ibedou, secrétaire général de la Convention Tchadienne de Défense des Droits Humains (CTDDH), et onze autres personnes ont été condamnés à trois mois de prison avec sursis pour attroupement non armé, par le Tribunal de grande instance de N'Djamena, a appris Anadolu, samedi, de la CTDDH.
Ils avaient tous été arrêtés lors d'une manifestation de l'opposition samedi dernier pour contester la candidature du président Idriss Déby à un sixième mandat.
Les arrestations ainsi que les condamnations de ces opposants ont été condamné par l’opposition qui entend poursuivre ses manifestations.
« La lutte continuera jusqu'au changement tant attendu par nos populations. Nous allons descendre dans la rue tous les samedis. L’injustice qui caractérise les 30 ans de règne de Deby a divisé davantage les Tchadiens qui aspirent à vivre ensemble dans leur diversité », a indiqué dans une déclaration téléphonique à Anadolu Kemah Didah Alain, coordonnateur du « Mouvement le Temps-Tchad », une organisation de la société civile.
« Les Tchadiens sont déterminés à barrer la route à la candidature du président Idriss Deby Itno car depuis 30 ans qu’il est au pouvoir, le Tchad n’a connu aucun progrès comparé aux autres pays et au regard des énormes opportunités économiques exploitées », a-t-il ajouté.
Réagissant à la condamnation des douze manifestants, le coordinateur de la Coalition pour le changement démocratique (CCD), Mahamat Bichara, a quant à lui souligné à Anadolu qu’il a constaté « avec regret l’instrumentalisation à outrance de la justice lors des séances d’audition des manifestants ».
Les manifestants « n’ont fait qu’exercer un droit constitutionnel. Malheureusement, le régime a mis sur place un système répressif contre les opposants », a poursuivi Bichara.