Lassaad Ben Ahmed
08 Février 2018•Mise à jour: 09 Février 2018
AA / N’Djamena / Mahamat Ramadane
Des milliers de personnes, ont répondu à l’appel à la marche de la société civile, pour protester dans le cadre du «jeudi de la colère», contre les mesures d’austérité du gouvernement tchadien.
En dépit de son interdiction par les autorités, la veille, la manifestation «de la colère» a eu lieu dans plusieurs grandes villes du pays.
A N’Djamena, la capitale, malgré le déploiement d’impressionnants dispositifs des forces de l’ordre dans presque toutes les rues, les manifestants n’ont pas renoncé à leur «rendez-vous de la colère».
Dans certains arrondissements de la capitale, au Sixième par exemple, les accrochages avec la police et la gendarmerie ont été violents.
D’après les dirigeants de la société civile qui menaient les marches dans cette partie de la ville, pour un bilan provisoire d’une heure et demi de marche, on dénombre au moins 47 blessés dont 11 graves, rien que dans le sixième arrondissement.
«Très tôt, vers 8h GMT, les forces de l’ordre ont réussi à encercler les manifestants qui marchaient du rond-point du Pigeon vers le stade de Paris-Congo et ont commencé à les tabasser violemment à coup de matraques. C’est ainsi que la situation a dégénérée et les affrontements ont commencé alors que la manifestation était pacifique», a témoigné à Anadolu, Digamnayel Versinis, un acteur de la société civile.
Les écoles, les boutiques, les marchés et les supermarchés de la capitale sont restés fermés jusqu’à 10h GMT. Les sociétés de transports interurbains de la ville, ont été obligées de laisser leurs bus et leurs taxis en stationnement pour éviter des éventuels cas d’accident, a constaté le correspondant d’Anadolu sur place.
Selon certains journalistes locaux qui commentent les manifestations du "jeudi de la colère", pour leurs stations, la ville de N’Djamena, ressemble ce matin à un véritable champ de bataille.
Aucun quartier, aucun arrondissement de la capitale n’a été épargné des bombes lacrymogènes qui pleuvaient de partout.
Certains journalistes décrivent la traque des manifestants par les policiers anti-émeutes comme une chasse à l’homme en pleine ville et en pleine journée. «Le Tchad n’a jamais connu de manifestations d’une telle violence depuis 30 ans», rapporte l’un des médias locaux.
Du côté des autorités, aucune déclaration n’est faite à la presse jusqu’à la fin de la matinée.