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12 Janvier 2022•Mise à jour: 12 Janvier 2022
AA / Khartoum
Les Comités de résistance de l'Etat de Khartoum ont annoncé, ce mercredi, l'annulation des manifestations prévues pour aujourd'hui, dans la capitale soudanaise, et ce, pour la première fois depuis le début des manifestations, tout en appelant à descendre dans les rues demain, jeudi, afin de revendiquer un "régime civil".
Les Comités ont déclaré, dans un communiqué examiné par l'Agence Anadolu : "nous annonçons à l’ensemble du peuple soudanais l'annulation des manifestations du 12 janvier, et appelons à descendre massivement dans la rue demain, jeudi 13 janvier, dans un autre tour pour contrer le coup d'État militaire".
Justifiant cette décision d'annulation, les Comités de résistance ont déclaré : "la guerre est une ruse".
Le communiqué a aussi fait savoir que : "l'action révolutionnaire prend de nombreuses formes, qui convergent toutes vers le but ultime, qui est le renversement du régime putschiste et la liquidation de ses piliers, et la guerre est une ruse".
Les autorités soudanaises ont annoncé, dans la journée du mardi, la fermeture de deux ponts à la circulation, dans la capitale Khartoum, à la veille d'un appel de la coordination des Comités de résistance de Khartoum à descendre massivement dans les rues, en cette journée du mercredi.
L’Agence Anadolu a rapporté que certaines zones de la capitale soudanaise ont été les théâtres de manifestations nocturnes, mardi, appelant aux protestations du mercredi pour revendiquer un régime civil.
Ces manifestations sont organisées dans le cadre des efforts déployés par l'Autorité intergouvernementale pour le développement de l'Afrique de l'Est (IGAD), qui a proposé une initiative pour "faciliter le dialogue entre toutes les parties afin de trouver une solution radicale à la crise".
L'initiative de l'IGAD a été proposée après l’annonce du chef de la Mission intégrée des Nations Unies pour l'appui à la transition au Soudan (UNITAMS), Volker Perthes, du début des consultations "préliminaires" avec toutes les parties soudanaises, en vue des consultations impliquant les principaux acteurs civils et militaires, selon ses déclarations du dimanche et du lundi.
Depuis le 25 octobre dernier, le Soudan a été le théâtre de protestations contre les mesures exceptionnelles prises par le chef de l'armée, Abdel Fattah Al-Burhan, dont notamment, la déclaration de l'état d'urgence, la dissolution du Conseil de souveraineté et celui des ministres de transition, la destitution du Premier ministre Abdullah Hamdok, et l'arrestation de hauts fonctionnaires et hommes politiques.
Le 21 novembre, le chef de l'armée, Abdel Fattah al-Burhan et Abdullah Hamdok ont signé un accord politique, qui prévoyait le retour de ce dernier à ses fonctions, la formation d'un gouvernement de compétences (non-partisanes) et la libération des détenus politiques, mais l'accord s'est heurté à l'opposition des manifestants.
Le 2 janvier, le Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok avait annoncé sa démission de son poste, quelques heures après la mort de 3 personnes, abattues lors des manifestations à Khartoum.
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour.