1 23
10 Août 2021•Mise à jour: 10 Août 2021
AA / Khartoum
Le procureur de la Cour pénale internationale, Karim Khan, discute avec des responsables soudanais des moyens de coopération autour du dossier d'enquête lié au Darfour, région située dans l'ouest du pays.
L'agence de presse soudanaise SUNA a rapporté, ce mardi, que Khan est arrivé dans la capitale, Khartoum (sans en préciser la date), accompagné d'une délégation de la Cour pénale internationale, dont le procureur général, Julian Nichols, le procureur général Thomas Lynch et le conseiller en coopération internationale au bureau du procureur, Dahiro Sant-Anna.
Il s'agit de la première visite de Khan au Soudan depuis la prise de ses fonctions le 16 juin dernier. Son séjour dans le pays devrait se poursuivre jusqu'à jeudi prochain.
L'agence de presse soudanaise a fait savoir que Khan "discutera avec des responsables soudanais, des moyens de renforcer la coopération autour du dossier de l'enquête en cours liée au Darfour".
Et d’expliquer que "le programme du Procureur de la Cour pénale internationale prévoit une rencontre avec des diplomates et des représentants d'organisations de la société civile".
En juin 2020, l'ancienne procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, avait informé le Conseil de sécurité qu'Ali Mohamed Ali Abdel Rahman, dit "Kushayb" (72 ans), accusé de crimes de guerre au Darfour, était désormais détenu au siège de la Cour à La Haye, aux Pays-Bas. Elle a également demandé de remettre 4 autres accusés à la Cour pénale internationale, dont le président déchu Omar el-Béchir.
Le 9 juin 2020, Kushayb, un haut responsable de la milice Janjaweed, avait été transféré sous la garde Cour pénale internationale, après s'être volontairement rendu à la République centrafricaine.
Les quatre autres personnes recherchées sont : al-Bashir (77 ans), Ahmed Mohammed Haroun (56 ans), l'ancien gouverneur du Nord Kordofan, Abdul Rahim Mohammed Hussein (72 ans), l'ancien ministre de la Défense, et Abdullah Banda (58 ans), l'un des chefs rebelles du Darfour.
Le 21 juillet 2020, la première audience du procès d'al-Bashir avait eu lieu, avec d'autres prévenus, sur fond d’accusations, qu'ils nient, dont celles notamment de la planification du coup d'État de 1989 et “d’atteinte à l'ordre constitutionnel“.
En 2003, un conflit armé avait éclaté dans la région du Darfour entre les forces gouvernementales et les mouvements armés rebelles, qui avait fait environ 300 000 morts et environ 2,5 millions de déplacés, selon les chiffres des Nations unies.
*Traduit de l’arabe par Mounir Bennour