Soudan : L’Éthiopie invoque sa situation interne pour la non-démarcation de la frontière
"Il n'y a pas de différend sur la frontière de 740 kilomètres au niveau officiel, et les abus doivent être résolus en marquant le terrain", déclare le ministre soudanais de l’Intérieur.
Behram Abdelmunim Mohamed Mustafa
01 Mai 2018•Mise à jour: 01 Mai 2018
AnkaraAA/ Khartoum/ Behram Abdelmunim
Le gouvernement soudanais a déclaré, mardi, que l'Éthiopie invoquait sa situation interne pour justifier le non-respect des délais déterminés pour la démarcation de la frontière.
C’est ce qu’a répondu le ministre soudanais de l’Intérieur, Hamid Mannan, interrogé, sur ce sujet, par le député Ali Abdul-Rahman, devant le Parlement.
Manan a précisé que le travail sur le terrain avait été convenu, depuis 2012, et que le Soudan avait honoré ses engagements à cet égard. Cependant, la partie éthiopienne n’a pas respecté les délais quant au marquage sur le terrain invoquant "ses conditions internes".
"Il n'y a pas de différend sur la frontière de 740 kilomètres au niveau officiel, et les abus doivent être résolus en marquant le terrain", a-t-il dit.
Évoquant ces abus, le ministre a indiqué que "des cultivateurs éthiopiens violaient le territoire soudanais à des fins agricoles dans la région frontalière d’al-Fashqa, [contestée par Khartoum et Addis-Abeba]".
Les travaux de la Commission technique pour la démarcation de la frontière entre les deux pays avaient pris fin en 2013 après la conclusion d'un accord sur la délimitation de la frontière et le marquage sur le terrain.
Le problème de la démarcation des frontières se pose sur fond de conflits entre tribus frontalières dans les zones agricoles et pastorales. Cependant, la solidité des relations bilatérales couvre les conflits et les actes de pillages qui se déroulent dans certaines zones à la frontière des deux pays.
En mai 2014, le président soudanais, Omar el-Béchir et l’ancien Premier ministre éthiopien, Haile Mariam Dessalegn, avaient chargé les ministres des Affaires étrangères de fixer des délais pour la reprise des opérations de démarcation de la frontière.
Des districts éthiopiens avaient été témoins de protestations et de piquets de grève accusant le gouvernement de les marginaliser et de les exclure politiquement, et réclamant un climat approprié pour les libertés, l’existence et le développement. Ceci avait incité Haile Mariam Dessalegn à la démission. Il avait été succédé, en avril, par Abiy Ahmed.