Mounir Bennour
11 Février 2021•Mise à jour: 12 Février 2021
AA / Khartoum/ Adel Abdel-Rahim
Le gouverneur de l'Etat « Sannar » dans le sud-est du Soudan, Al-Mahi Mohamed Suleiman, a déclaré l'état d'urgence, effectif dès jeudi, en prévision de « crimes de rapines et de pillages ».
Au cours des deux derniers jours, 5 des 18 États, à savoir : l'est, le sud et le nord du Darfour (ouest) ainsi que le Kordofan occidental (sud), ont annoncé le couvre-feu, afin de contenir les manifestations populaires contre la détérioration des conditions de vie accompagnées de violences et de pillages.
L'agence de presse soudanaise a déclaré que la décision d'instaurer l'état d'urgence, annoncé à « Sannar » jusqu'à nouvel ordre, enjoignait les agences sécuritaires et militaires de mettre leurs rangs dans un état d'alerte maximum et de sécuriser les marchés et les installations stratégiques et publiques.
Il a également demandé à tous les citoyens de signaler immédiatement les groupes ou les éléments fidèles à l'ancien régime (dirigé par Omar el-Bachir 1989-2019), et de surveiller leurs mouvements et leurs réunions.
Dans un communiqué, Suleiman a déclaré que les services de sécurité ont décelé « les mouvements et les réunions des groupes fidèles à l'ancien régime dans plusieurs localités de l'État, et qu'ils planifiaient des crimes de rapines, de pillages et d’empiétement sur les biens et de faire main basse sur l'argent des citoyens », au mépris de la loi interdisant le « Congrès national » (parti d'al-Bashir).
Le 28 novembre 2019, le Conseil de souveraineté et le Conseil des ministres de transition ont approuvé la loi du démantèlement du régime, qui abolit l'ancien parti au pouvoir, saisit ses fonds et restaure ses biens au profit du ministère des Finances.
Le 30 juin 1989, el-Béchir a pris le pouvoir lors d'un coup d'État militaire appelé la « Révolution de salut national ». L'ancien président sera destitué par les commandants de l'armée, le 11 avril 2019, sous la pression des manifestations condamnant la détérioration des conditions économiques.
Le Soudan subit des crises à répétition dans les ravitaillements en pain, farine, combustible et gaz domestique. Cette situation se doit au prix du dollar qui bat des records par rapport à la livre soudanaise sur les marchés parallèles (non-officiels), en effet, si le prix du dollar est actuellement de 55 livres soudanaises sur le marché officiel, il culmine par contre à 390 livres sur le marché parallèle.
*Traduit de l'arabe par Mounir Bennour.