Atem Simon Mabior Ajaang
11 Avril 2018•Mise à jour: 12 Avril 2018
AA / Djouba / Atem Simon Mabior
L’opposition armée au Soudan du Sud loyale à l'ancien vice-président, Riek Machar, a annoncé, mercredi, avoir enlevé sept employés humanitaires locaux, fin mars, depuis la région de Lanya (Sud) et qu’elle les détient à cause de leurs activités "d’espionnage" pour le compte du gouvernement.
C’est ce qui ressort d’une déclaration accordée à Anadolu par le porte-parole adjoint de l’opposition armée, Lam Paul Gabriel.
"Ils [les sept enlevés] sont entre nos mains de même que les trois véhicules qui les transportaient", a indiqué Gabriel.
"Nous les avions arrêtés après avoir pu confirmer qu'ils espionnaient pour le compte du gouvernement. Ils ne seront pas libérés tant que les enquêtes ne sont pas terminées", a-t-il ajouté.
Le porte-parole adjoint de l’opposition armée a, également, fait savoir que "les détenus étaient utilisés par le gouvernement et que certains d’entre eux étaient affiliés aux services de sécurité à Djouba".
Gabriel a, d’autre part, indiqué que l’Association sanitaire du Soudan du Sud (ONG) ne les [l’opposition armée] avait pas notifiés d’une visite que devrait entamer l'une de ses équipes dans la région.
Pour sa part, le chef du Bureau de la coordination des affaires humanitaires auprès des Nations unies au Soudan du Sud, Alain Noudéhou, a réclamé, mardi, la libération de sept citoyens fonctionnaires de l’association précitée.
Noudéhou a expliqué, dans un communiqué dont Anadolu a eu copie, "que les secouristes avaient été enlevés, le 25 mars, par des éléments armés non identifiés, alors qu’ils acheminaient des aides médicales aux personnes touchées dans le district de Lanya (Sud)".
Selon les dernières statistiques divulguées par l'ONU, quelque 98 employés humanitaires avaient été tués dans diverses régions du Soudan du Sud depuis que des affrontements avaient éclaté, en décembre 2013, entre le gouvernement et l'opposition armée.
Le Soudan du Sud, séparé du Soudan par référendum en 2011, souffre, depuis 2013, d'une guerre civile entre les forces gouvernementales et les forces de l'opposition menées par l'ancien vice-président Riek Machar.
La guerre a fait environ 10 mille morts et a contraint des centaines de milliers de civils à l’exil. Un accord de paix conclu en août 2015 n’est pas parvenu à mettre fin au conflit.