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Soudan du Sud : l’ONU alarmée par des appels présumés à la violence contre des civils

- La mission de l’ONU au Soudan du Sud s’est dite dimanche alarmée par des informations faisant état d’appels à attaquer des civils, alors que les violences persistent malgré les engagements de paix des dirigeants du pays

Mevlüt Özkan  | 25.01.2026 - Mıse À Jour : 25.01.2026
Soudan du Sud : l’ONU alarmée par des appels présumés à la violence contre des civils

Istanbul

AA / Istanbul / Mevlut Ozkan

La mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS) s’est dite dimanche préoccupée par des informations selon lesquelles un haut responsable militaire aurait exhorté des troupes à attaquer des civils dans l’État de Jonglei.

Dans un communiqué, l’UNMISS a indiqué que plus de 180.000 personnes auraient été déplacées dans le Jonglei, ajoutant que les communautés de cet État et d’ailleurs au Soudan du Sud « subissent des dommages immenses » en raison de l’intensification des combats entre les principales parties à l’accord de paix de 2018.

« Les dirigeants du Soudan du Sud continuent de réaffirmer leur engagement en faveur de la paix, pourtant les hostilités et les violations du cessez-le-feu se poursuivent sans relâche », a-t-elle déclaré.

« Une rhétorique incendiaire appelant à la violence contre les civils, y compris les plus vulnérables, est totalement odieuse et doit cesser immédiatement », a souligné Graham Maitland, chef par intérim de l’UNMISS.

Il a appelé les dirigeants du pays à mettre fin aux combats, à respecter l’accord de paix et à « placer l’intérêt de leur population au premier plan ».

« Cela implique notamment un retour à une prise de décision fondée sur le consensus, le respect des arrangements de partage du pouvoir et l’accord sur une voie permettant de mettre fin pacifiquement à la période de transition par un dialogue inclusif », a ajouté M. Maitland.

Le Soudan du Sud, plus jeune État du monde, a obtenu son indépendance du Soudan en 2011 à l’issue d’un référendum.

Il demeure toutefois en proie au conflit depuis décembre 2013, lorsque le président Salva Kiir Mayardit a limogé et accusé son alors vice-président Riek Machar de fomenter un coup d’État.

Malgré des accords de paix signés en 2018 et 2022, l’instabilité persiste.

En février dernier, une milice connue sous le nom de White Army, majoritairement composée de membres du groupe ethnique Nuer de M. Machar, s’est emparée d’une localité dans l’État du Upper Nile State. En réponse, plusieurs généraux et ministres affiliés au Mouvement populaire de libération du Soudan-Opposition (SPLM-IO) de M. Machar ont été arrêtés.

Le chef de l’opposition Riek Machar et plusieurs autres personnalités détenues font face à de lourdes accusations, notamment de meurtre, de trahison et de crimes contre l’humanité. Ils sont également soupçonnés de complot, de financement d’activités terroristes, de destruction de biens publics et militaires et d’incitation à la violence dans le comté de Nasir.

* Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy

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