Fatma Bendhaou
08 Juin 2021•Mise à jour: 08 Juin 2021
AA/Peter Kum
Deux humanitaires, dont la nationalité n’est pas connue et qui travaillaient pour l’organisation caritative italienne Medici con l’Africa Cuamm ont été tués, lundi, dans une embuscade au Soudan du Sud, a annoncé mardi l'ONU dans un communiqué.
Les victimes sont tombées lundi soir dans une embuscade alors que leur convoi rentrait d’une distribution d’aide alimentaire dans un village situé à environ 64 km de Rumbek, une localité de l’État des Lacs (centre).
« J’appelle le gouvernement à renforcer l’application de la loi, à enquêter sur ces crimes et à amener les coupables rapidement devant la justice », a déclaré Matthew Hollingworth, directeur par intérim du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) au Soudan du Sud.
« Quatre travailleurs humanitaires ont été tués au cours du seul mois dernier. Je crains que les attaques répétées contre des humanitaires et la suspension des activités qui en résulte aient un impact important sur les opérations humanitaires au Soudan du Sud », a souligné Hollingworth
Selon l’ONU, 128 humanitaires, essentiellement sud-soudanais, y sont décédés dans le cadre de leur mission depuis 2013.
En mai dernier, un médecin sud-soudanais travaillant pour l’ONG International Rescue Committee (IRC) a été assassiné dans la région pétrolière de l’Unité (Nord), un mois à peine après qu’une infirmière a été tuée en Equatoria-Orientale, un État du Sud-Est.
Le Soudan du Sud est généralement considéré, ces dernières années, comme un des endroits les plus dangereux au monde pour les travailleurs humanitaires et cette embuscade mortelle survient dans un contexte de recrudescence des attaques contre les membres et convois d'organisations humanitaires à travers le pays.
Selon l'OCHA, au moins huit travailleurs humanitaires ont été tués au Soudan du Sud en 2020.
Deux ans à peine après son indépendance, acquise en 2011 après des décennies de guerre contre Khartoum, le Soudan du Sud a plongé dans une terrible guerre civile sur fond de rivalités politico-ethniques à la tête du jeune État.
Le conflit a fait près de 400 000 morts, en grande majorité des civils. Un cessez-le-feu signé en septembre 2018 et la formation en début d'année d'un gouvernement d'Union nationale ont partiellement arrêté le bain de sang, mais de nombreuses régions restent ravagées par les conflits.