Afrique

Sida : Afrique, le maillon faible

- Dans son dernier rapport sur la pandémie, l’OMS dénombre 37,7 millions de personnes atteintes du sida dans le monde à la fin de 2020, dont 25,4 millions en Afrique.

Fatma Bendhaou   | 01.12.2021
Sida : Afrique, le maillon faible

Niger


AA/Niamey/Kané Illa

Le monde commémore ce 1er décembre la journée internationale de lutte contre le sida, sous le thème « mettre fin aux inégalités, mettre fin au sida, mettre fin aux épidémies ». Selon l’agence des Nations Unies contre le sida (ONUSIDA), « sans actions audacieuses contre les inégalités, le monde risque de manquer les cibles pour mettre fin au sida d'ici 2030, un enlisement de la pandémie de Covid-19, ainsi qu’une crise sociale et économique hors de contrôle ».

Déplorant que « l’engagement de mettre fin au sida à l’horizon 2030 est en retard », l’ONUSIDA souligne que «ce retard n’est pas imputable à un manque de connaissances ou d’outils pour vaincre le sida, mais à des inégalités structurelles qui entravent les solutions efficaces de prévention et de traitement de VIH », ajoutant que « les inégalités économiques, sociales, culturelles et juridiques doivent prendre fin de toute urgence si nous voulons éradiquer le sida d’ici 2030 ».

Dans son dernier rapport sur la pandémie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 37,7 millions de personnes étaient atteintes du sida dans le monde à la fin 2020, dont 36 millions d’adultes et 1million 700 mille enfants âgés de 0 à 14 ans. Parmi ces personnes, 53% sont des femmes et des filles. À elle seule, l’Afrique enregistre 25,4 millions de personnes atteintes.

Toujours selon l’OMS, le sida a déjà tué plus de 36 millions d’autres personnes. Défini par l’OMS comme le « Syndrome d’immunodéficience acquise », le Sida a été officiellement découvert aux débuts des années 1980 en Afrique australe. Il représente le stade le plus avancé du virus d’immunodéficience humaine (VIH).

Le sida peut se transmettre par l’échange de liquides corporels provenant des personnes infectées comme le sang, le lait maternel, le sperme et les secrétions vaginales, ainsi que d’une mère à l’enfant lors de l’accouchement. « Dans les premières semaines qui suivent l’infection initiale, les sujets peuvent rester asymptomatiques ou manifester un syndrome grippal avec de la fièvre, des céphalées, un érythème ou un mal de gorge », explique l’OMS. « À mesure que l’infection affaiblit peu à peu le système immunitaire, d’autres signes et symptômes peuvent apparaître, comme un gonflement des ganglions lymphatiques, une perte de poids, de la fièvre, de la diarrhée et de la toux », ajoute la même source, précisant qu’ « en l’absence de traitement, de graves maladies sont susceptibles de se déclarer comme une tuberculose, une méningite à cryptocoque, des infections bactériennes sévères ou certains cancers, tels que des lymphomes ou le sarcome de Kaposi, entre autres ». C’est pourquoi l’OMS estime qu’il est « essentiel d’assurer un accès précoce au traitement antirétroviral et un soutien visant à maintenir les patients sous traitement non seulement pour améliorer la santé des personnes vivant avec le VIH, mais aussi pour prévenir la transmission du virus ». À la fin de 2020, 27,5 millions de personnes vivant avec le VIH recevaient un traitement antirétroviral.


- Facteurs de la propagation du sida en Afrique

Selon les données de l’OMS, l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire, l’Ethiopie, le Nigeria, la Zambie et le Zimbabwe sont les pays africains où la pandémie du sida est très répandue, avec plus d’un million de personnes atteintes.

Plusieurs facteurs sont mis en avant par l’OMS pour expliquer la propagation du sida sur le continent. Il y a, par exemple, le fait que « les services liés au VIH n’atteignent pas bon nombre de personnes au sein des groupes les plus exposés au risque d’infection » mais aussi « la discrimination, la stigmatisation, ainsi que la violence sexiste généralisée qui continuent d’entraver l’accès aux services de santé, notamment pour les enfants, les adolescents, les jeunes femmes et les principales populations les plus exposées au risque d’infection par le VIH ».

En outre, l’OMS évoque « les conflits, les catastrophes naturelles, les épidémies de maladies émergentes, les crises économiques et les changements climatiques qui ont provoqué des situations d’urgence humanitaire dans la région africaine » et qui « détruisent les systèmes de santé locaux, entrainant le déplacement des communautés et forcent un nombre croissant de personnes à émigrer, tout en interrompant ou en rendant difficile l’accès aux services de lutte contre le VIH ».


- L’ONU et les Etats africains se mobilisent

Plusieurs actions sont menées par les Nations Unies, à travers l’OMS et l’ONUSIDA, ainsi que les Etats africains face à la propagation de la pandémie du sida sur le continent. Dans le cadre de l’objectif « mettre fin au VIH/SIDA d’ici 2030 », un « cadre d’action dans la région africaine OMS 2016-2020 » a été élaboré et mis en œuvre au niveau des différents pays. Il repose sur six principes directeurs relatifs à l’appropriation nationale visant à diriger et coordonner la riposte nationale au VIH/Sida par les Etats, des partenariats efficaces impliquant tous les secteurs de la société, la couverture sanitaire universelle pour permettre l’accès aux soins à toutes les personnes, l’intégration des services de lutte contre le VIH/Sida dans les systèmes et stratégies de santé, une approche de santé publique fondée sur des interventions et des services simplifiés et standardisés, ainsi qu’une approche de soins centrée sur la personne et répondant aux besoins et préférence des bénéficiaires.

En octobre dernier, l’ONUSIDA et l'Institut de la société civile sur le VIH et la santé en Afrique occidentale et centrale ont organisé un sommet régional de trois jours sur la pandémie du sida à Dakar. Cette rencontre s’est terminée par un appel pour une « action urgente » pour renforcer les infrastructures des organisations communautaires et les systèmes de santé des pays, mettre à jour les politiques de santé pour les aligner sur les données scientifiques les plus récentes pour répondre à la pandémie de VIH, augmenter de 33% les ressources nationales et internationales consacrées au VIH dans la région d'ici 2025 et placer la réponse au VIH, et la Covid-19, au centre du dispositif pour préparer et répondre à l’émergence possible de futures pandémies.

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