Afrique

Selon l'Imam Dicko, le salut du Mali est entre les mains de son peuple (Entretien)

- Dans un entretien AA, Mahmoud Dicko, leader religieux malien jouissant d'une grande influence dans son pays, n'accepte pas les accusations de salafisme portées à son encontre et souligne ne jamais avoir choisi la voie des armes de sa vie.

1 23   | 16.09.2020
Selon l'Imam Dicko, le salut du Mali est entre les mains de son peuple (Entretien)

Ankara

AA - Bamako (Mali) - Dakar (Sénégal) - Fatma Esma Arslan, Omer Erdem

L'imam Mahmoud Dicko, fondateur et leader du mouvement de Coordination des associations et mouvements (CMAS), qui fait partie de la plate-forme malienne d'opposition « M5 RFP », a déclaré que l'armée devrait établir un dialogue avec chaque composante de la société malienne soulignant que le salut du Mali dépend uniquement du peuple malien.

« L'Imam Dicko », l'un des noms éminents au sein du M5 RFP, sur lequel les médias internationaux se focalisent, a répondu aux questions de l'Agence Anadolu (AA) dans la capitale malienne Bamako.

Dicko a rappelé qu'il était l'un des partisans du président déchu Ibrahim Boubacar Keita communément appelé « IBK », mais que Keita avait pris de mauvaises décisions par la suite.

Déclarant que "Keita était notre ami et frère" Dicko poursuit ainsi ses observations :

"Nous avons soutenu et aidé Keita. Nous l'avons soutenu dans sa candidature aux élections précédentes, mais le pays était dans l'impasse en raison de la mauvaise gestion et de la corruption, de l'instabilité et des problèmes de sécurité", explique Dicko avant d'ajouter :

"À tel point qu'il y a eu des conflits ethniques. C'était un très gros échec. Je lui ai conseillé de ne pas prendre part à la réélection. Il n'a pas tenu compte de ces conseils. Il est revenu au pouvoir avec une élection non transparente et frauduleuse. Ce sont ces élections frauduleuses qui ont mis fin à son régime et ont provoqué le coup d'État", estime le leader du CMAS.

- "Je continuerai de dialoguer même si je suis à la mosquée"

Mahmoud Dicko a souligné qu'il n'était pas intéressé par les accusations de salafisme portées à son encontre, en particulier dans la presse française, et qu'il était un imam de mosquée "honnête et propre".

Soulignant qu'il n'a jamais hésité à défendre ses croyances et à l'avoir fait avec sincérité, Dicko a également souligné son rejet des armes :

"Je n'ai jamais pris d'arme de ma vie. Je n'ai jamais été de ceux qui sont impliqués dans ces choses. Au contraire, je voulais sauver les jeunes de leurs pièges. Ils m'accusent et questionnent le fait que j'établisse un dialogue avec les jeunes mais le monde a même établi un dialogue avec les nazis dans le passé. Pourquoi ne pas dialoguer avec les jeunes et les enfants de notre propre pays ? Toutes ces accusations sont en réaction à mon attitude. Je sais que je n'ai rien à voir avec ces accusations. Je ne fais que défendre ma cause, la souveraineté et l'indépendance de mon pays, ma religion et mes convictions", explique Mahmoud Dicko.

L'homme âgé de 66 ans préfère assumer ses responsabilités au sein de la mosquée plutôt que de s'impliquer dans la politique, "Cependant, cela ne signifie pas que je me déconnecte de ce qui se passe dans le pays et que je ne parlerai jamais. Tant que je serai vivant, je continuerai ce dialogue, je remplirai ce rôle", rappelle-t-il avec le sourire.

Dicko a souligné que le Conseil national pour la libération de la junte militaire (CNSP) devrait développer un bon dialogue avec le peuple malien et a souligné qu'il est important de se réunir avec tous les éléments de la société.

- "Le remède n'est ni la France ni les autres États"

Mahmoud Dicko ne semble fonder guère d'espoir sur l'augmentation du nombre de soldats français au Mali :

"Vous savez que le Mali a traversé un processus troublé récemment, mais la solution n'est ni la France ni les autres États. Le salut est uniquement entre les mains du peuple malien", souligne Dicko qui appelle le peuple malien à se saisir de son destin :

"Pas seulement la France, de nombreux États se font concurrence ici pour des raisons évidentes, mais ce n'est pas de leur faute, je cherche la faute en nous-mêmes. Nous devons rester debout et lutter. Tout d'abord, nous devons tenir sur nos propres jambes. Il y a aussi des problèmes dans le monde islamique. Les relations entre nous et le monde islamique ne sont pas au niveau souhaité", déplore Mahmoud Dicko.

Le leader charismatique souligne l'importance de resserrer les rangs et de parvenir, dans la période à venir, à un consensus général au Mali, ajoutant que les ennemis de l'Afrique ne devraient y jouir d'aucun passe-droit.



* Traduit du turc par Ümit Dönmez

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