Esma Ben Said
27 Septembre 2017•Mise à jour: 28 Septembre 2017
AA/Malabo/Fabien Essiane
Les pays d’Afrique centrale ne parviennent toujours pas à atteindre le seuil de 80% de couverture vaccinale, ce qui a nécessité une mobilisation de l’Organisation mondiale de la Santé et de l’Unicef.
«Cette partie de l’Afrique fait face à de nombreux problèmes» reconnaît le Professeur Tetanye Ekoé, médecin pédiatre camerounais, conseiller à l’OMS, rencontré par Anadolu, à l’occasion de son passage récent à Malabo, Capitale de la Guinée équatoriale.
Il affirme que «Les populations de l’Afrique centrale sont en danger». Ces pays sont confrontés à une crise économique, du fait de leur dépendance du pétrole, ce qui constitue une grande difficulté pour assurer le financement de leurs systèmes de santé.
«Cela va devenir encore plus difficile, explique l’expert, suite à l’annonce de retrait des bailleurs de financements du système de santé en Afrique, ou du moins de diminuer considérablement leur appui pour l’achat des vaccins, l’entretien de la chaine de froid, le financement des campagnes de vaccination et toute la chaine de lutte contre les maladies évitables par la vaccination.»
Il reviendra désormais aux États d’assurer eux-mêmes ces financements qui sont extrêmement coûteux. « Dans ce contexte, l’année 2018 s’annonce très difficiles », constate Professeur Tetanye Ekoé.
Que fera donc l’OMS face à cette situation ?
Le pédiatre camerounais, membre du REITAG (Regional Immunization Technical group), explique que : «En réunissant, ici à Malabo, tous les directeurs de la zone, l’OMS a voulu faire le point pour essayer de comprendre pourquoi la couverture vaccinale stagne malgré les colossaux moyens mis à la disposition des États.»
Il est également question de trouver «Comment inverser cette tendance ?». Car «ce qui inquiète, c’est le fait que les États ne se soient pas préparés à prendre en charge et de façon autonome les énormes coûts liés à l’éradication de la poliomyélite. Le programme élargi de vaccination qui est le reflet direct de la qualité et de la force du système de santé des pays, montre toutes les faiblesses de ces systèmes de santé».
C’est un cri d’alarme en direction des États d’Afrique centrale. Tetanye Ekoe pense qu’«Il faut que les Etats prennent leurs responsabilités et s’engagent à mettre la main à la poche et décaisser l’argent qui permettra d’acheter les vaccins, d’assurer le fonctionnement du système de vaccination dans les pays, notamment la surveillance épidémiologique mais, surtout d’assurer la continuité de la chaine de froid, permettant de maintenir l’intégrité et la sécurité des vaccins».
Cette situation sanitaire, n’est pas sans conséquences. Et le médecin camerounais de conclure que «les chefs d’États africains, ne doivent pas laisser les populations aller au carnage et les enfants mourir comme des mouches ».
Car, si rien n’est fait, ce sera la catastrophe. La République Démocratique du Congo (RDC), avec la rougeole donne une idée sur la situation. Le risque d’une perte massive en vies humaines est présent.