AA/ Kigali/ Jean-Baptiste Nyabenda
Prévoyants des étudiants rwandais ont eu l'astucieuse idée il y a, environ 4 ans, de commencer à épargner 0,1 dollar par jour, épargne qui leur a permis de lancer leur propre institution de microfinance.
Cycle Investment Cooperative (CIC) Microfinance, la coopérative en question, a démarré ses activités en 2014. Elle compte, aujourd'hui 1128 clients et neuf employés selon son initiateur Gilbert Banamwana.
"En 2012, J’étais en première année finance à l’université libre de Kigali, constatant à quel point il était difficile de trouver un emploi après les longues années d'études, j'ai pensé à engager une procédure d'épargne collective qui nous permettra de lancer, le moment venu, nos propres projets et d'avoir une source de revenu stable", témoigne Banamwana dans une déclaration à Anadolu.
Assisté par 14 autres membres fondateurs, Banamwana a réussi à mobiliser 3000 étudiants pour participer à cette épargne, atteignant au terme des trois années, une enveloppe des 300 Mille dollars, exigée par la Banque centrale du Rwanda pour lancer une institution financière.
L'idée a vite fait son chemin parmi les jeunes étudiants, a ajouté Banamwana, notant que ces derniers ont notamment, été séduit, par l'alternative qu'elle offre pour contourner le problème du chômage.
Aujourd'hui les clients de CIC sont "traités comme des rois", se félicite l'initiateur du projet, précisant que dès l'ouverture d'un compte, ils deviennent actionnaires et perçoivent des dividendes annuelles.
Ils peuvent, également, contracter un prêt à des conditions très avantageuses et sans conditions comme il est le cas dans les autres banques commerciales, précise Banamwana qui envisage de faire de CIC Microfiance une vrai Banque d'ici 2019. Pour ce faire il faudra atteindre un capital de 1,5 milliard de Francs Rwandais (1,86 million de dollars), indique-t-il, ajoutant qu'il prévoit, également de faire passer le nombre de clients de 1128 actuellement à 2000.
En attendant CIC continue à brasser un nombre croissant de clients attirés aussi bien par la qualité des services, que par un taux d'intérêt ne dépassant as les à 2,4%.
A ce jour CIC Microfinance a octroyé 200 crédits de montants variables selon les projets, indique Banamwana ajoutant que les bénéficiaires comptent aussi bien des étudiants, des jeunes, des hommes, des femmes que des coopératives d'employés.
Pour l’exercice 2016, CIC Microfinance a réalisé un bilan positif de 150 million de francs rwandais (135 mille dollars) qui sera doublé l’année prochaine, a ajouté le directeur de cette institution.
Samuel Hategekimana, un des clients de CIC, a contracté un premier crédit de 1250 dollars (1 million de francs) et un second une année plus tard d'une valeur de trois millions de Francs. Avec ce dernier il a remboursé le premier et acheté deux motos pour lancer un projet de transport public.
"Aujourd'hui ça marche très bien et j'arrivé facilement à rembourser les mensualités de mon prêt", déclare t-il à Anadolu ajoutant que CIC a, totalement, changé sa vie.
Egalement président de la coopérative de moto-transporteurs de Kigali, Hategekimana indique que 15 membres de cette coopérative ont également bénéficié de prêts auprès de CIC . Des crédits qui leuir ont permis d'acheter des motos et de gagner leur vie en transportant à bord les passagers pressés de la capitale rwandaise.
Aujourd'hui plus que la moitié de ces transporteurs ont déjà remboursé leurs crédits, indique Hategekimana, ajoutant que certains aspirent même à contracter de nouveaux crédits plus importants pour s'acheter des voitures et fructifier leur projets.
Banamwana estime, quant à lui, que la réussite de l'expérience de CIC devrait inspirer beaucoup de jeunes rwandais et les motiver à faire de même en pensant à épargner pour lancer leurs propres projets que ce soit dans le domaine agricole, industriel ou autre.
Un point de vue amplement partagée par les autorités locales. le ministre du Commerce et de l'Industrie, François Kanimba, a, en effet dans plusieurs de ses interventions attiré l'attention sur l'importance de l'épargne pour atteindre le développement durable escompté.
" La culture d'épargne n’est pas le propres des riches, elle permet à tous de créer de la valeur en partant de rien" a-t-il indiqué ajoutant que "Beaucoup de grands entreprises ont commencé avec un petit capital".