Nadia Al Chahed
07 Octobre 2016•Mise à jour: 07 Octobre 2016
AA/Bujumbura/Jean Bosco-Yvan Rukundo
Une semaine après l'adoption par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU d'une résolution sur le Burundi, Bujumbura a annoncé sa volonté de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI).
"Le Burundi est la victime d’un complot international soutenu par la complicité évidente de certaines puissances dans le seul but de le détruire, nous allons quitter la CPI et en assumer toutes les conséquences", a assuré le 1er Vice-président de la République, Gaston Sindimwo, à l'issue d'un conseil ministériel, tenu jeudi, et qui a notamment porté sur l'examen du désengagement du Burundi de la CPI.
S'exprimant sur les ondes de la radio d'Etat (Rtnb), Sindimwo a indiqué que le Conseil des ministres a, à cet effet, "décidé de saisir l'Assemblée nationale et le Sénat qui vont, sans doute, adopter cette décision de retrait".
"En agissant ainsi, Bujumbura espère barrer la route à la Commission d’enquête sur la violation des droits de l’Homme, prévue par la résolution onusienne", estime, pour sa part l'activiste de la société civile burundaise, Maître Armel Niyongere.
Cependant, "se retirer aujourd’hui de la CPI ne signifie guère passer l’éponge sur les graves violations des droits de l’Homme relevées par le dernier rapport de l’ONU", a-t-il souligné dans une déclaration à Anadolu.
Il cite à ce propos l'article 127 du Statut de Rome de la CPI, stipulant que le retrait d'un Etat partie ne "le dégage pas des obligations mises à sa charge par le Statut alors qu'il y était partie, y compris les obligations financières encourues, et n'affecte pas non plus la coopération établie avec la Cour à l'occasion des enquêtes et procédures pénales à l'égard desquelles l'État avait le devoir de coopérer et qui ont été commencées avant la date à laquelle le retrait a pris effet, le retrait n'affecte en rien la poursuite de l'examen des affaires que la Cour avait déjà commencé à examiner avant la date à laquelle il a pris effet".
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis l'annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza, en avril 2015, à un troisième mandat.
Obtenu en juillet 2015, ce mandat a été jugé contraire à la Constitution et à l'accord d'Arusha, qui avait mis fin à la guerre civile de 1993-2006, selon l'opposition, la société civile et une partie de son propre camp.
La crise a fait plus de 700 morts et poussé 310 220 personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut-commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (UNHCR), publié le 13 septembre 2016.